Epidemiologische studies in het algemeen

RECENT RESEARCH ON EMF AND HEALTH RISK
[Etudes récentes sur les CEM et les risques sanitaires.]
Eleventh report from SSM’s Scientific Council on Electromagnetic Fields, 2016
Research Report number:  2016:15 – ISSN: 2000-0456
Available at www.stralsakerhetsmyndigheten.se

Conclusions des études épidémiologiques sur les extrêmement basses fréquences (EBF)

Les nouvelles recherches sur l’exposition aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) et la leucémie infantile ont étudié peu d’enfants et ne permettent pas de modifier les conclusions actuelles. Dans les études des cancers des adultes, aucune augmentation du risque n’a été observée ni dans une grande étude de cohorte analysant l’utilisation des couvertures chauffantes en relation avec le cancer thyroïdien ni dans une autre sur l’exposition professionnelle aux CM-EBF et la leucémie myéloïde aigue. Pour la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une grande étude suédoise conclut que les chocs électriques, mais pas l’exposition aux CM-EBF, pourraient constituer un facteur de risque chez les travailleurs de moins de 65 ans. C’est en contradiction avec des études publiées l’année dernière qui concluaient l’inverse. Cette question reste donc encore en suspens. Pour la démence non-vasculaire, une étude néerlandaise a fourni quelques indications d’une association avec l’exposition aux CM-EBF. Seules quelques études d’observation portant sur l’exposition aux CM-EBF et les symptômes ont été publiés au cours de la dernière décennie et, en conséquence, les résultats des études sont rares. Une grande enquête transversale a montré des associations avec l’exposition auto-déclarée aux appareils électriques. L’interprétation des résultats est limitée par le fait que les symptômes et l’exposition sont signalés par la même personne.

RISK ANALYSIS OF HUMAN EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS
[Analyse du risque lié à l’exposition humaine aux champs électromagnétiques.]
European Health Risk Assessment Network on Electromagnetic Fields Exposure
https://webgate.ec.europa.eu/chafea_pdb/assets/files/pdb/20081106/20081106_d1-d9_en_ps.pdf

Pour aucune des maladies, il n’existe d’indications suffisantes confirmant une association causale entre l’exposition aux champs de basses fréquences et le risque de ces maladies.

Il existe des indications limitées d’une association entre les champs magnétiques et le risque de leucémie infantile. Cette évaluation reflète l’état actuel des connaissances : les études épidémiologiques ont montré, avec une certaine cohérence, une association entre les expositions résidentielles aux champs magnétiques à la fréquence industrielle à une intensité supérieure à 0,3/0,4 microT et un risque doublé de leucémie infantile, mais l’association observée seule n’est pas suffisante pour conclure à une relation de causalité.

Il existe des preuves inadéquates pour plusieurs maladies, toutefois les raisons de cet évaluation varie. Pour la maladie d’Alzheimer, la preuve est indicative, toutefois, en comparaison au cas de la leucémie infantile, les études sont moins nombreuses et moins cohérentes. Des études présentant une méthodologie du meilleur niveau suggèrant une association, l’intérêt d’études ultérieures sur le sujet est justifié. La situation est similaire pour les tumeurs cérébrales infantiles, où les résultats attendus des analyses poolées en cours pourrait rendre nécessaire une ré évaluation.

La sclérose amyotrophique latérale est une troisième maladie pour laquelle existe quelques indications d’une augmentation du risque, mais les données ne sont pas suffisamment cohérentes pour conclure à des indications limitées.

Pour les tumeurs cérébrales de l’adulte, il apparaît que les études les plus récentes suggèrent une absence d’effet, mais en raison des résultats positifs de certaines études, la classification en indication inadéquate perdure.

Pour tous les autres cancers, les autres maladies neurodégénératives et pour les symptômes subjectifs, la classification en indication inadéquate relaye plutôt le manque de données. Toutefois, en raison de la faible plausibilité biologique, il n’apparaît pas de nouvelles demandes d’études ultérieures.

Le cancer du sein et les maladies cardiovasculaires sont classées en absence d’effets. Pour le cancer du sein, il n’y a pas eu de nouvelles études, mais comme les études étaient déjà en grand nombre au moment des précédentes évaluations, ces données sont assez robustes. Pour les maladies cardiovasculaires, une nouvelle étude confirme l’absence d’association.

Le débat se poursuit pour savoir si des symptômes non-spécifiques pourrait être causés par l’exposition aux champs de très basses fréquences (EBF), et si certains individus montrent une sensibilité augmentée à l’expostion, communément appelée hypersensibilité à l’électricité (EHS). Etant donné que cette discussion perdure avec des échecs pour démontrer l’EHS, l’évaluation générale suggère une absence d’effet. Vu l’incertitude du rôle des EMF dans l’étiologie de cet état, l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) a proposé de renommer l’EHS en Intolérance Idiopathique Environnementale avec attribution aux CEM.

 POWER LINES AND HEALTH PART I: CHILDHOOD CANCER
[Lignes à haute tension et santé Partie I: Cancers infantiles.]
Gezondheidsraad Nederland, April 18th 2018
Gezondheidsraad Nr. 2018/08. disponible ici : 

https://www.gezondheidsraad.nl/documenten/adviezen/2018/04/18/hoogspanningslijnen-en-gezondheid-deel-i-kanker-bij-kinderen

Le Comité « Champs électromagnétiques » du Conseil de la Santé (Gezondheidsraad, Pays-Bas) a réanalysé les données de la relation possible entre l’exposition aux champs magnétiques générés par les lignes électriques aériennes et souterraines et l’incidence du cancer chez les enfants. Elle l’a fait de manière plus détaillée et en incluant les études les plus récentes. La plupart des études ne mesurent pas l’exposition exacte des enfants, en raison de sa complexité et du temps nécessaire. A la place, certaines études considèrent la distance entre la résidence d’un enfant et la ligne électrique. Comme l’intensité du champ magnétique généré par la ligne diminue avec l’augmentation de la distance, la distance fournit une indication de l’intensité du champ magnétique dans la résidence. Dans d’autres études, l’exposition résidentielle a été évaluée par des mesures, des calculs ou des combinaisons des deux.

Dans l’ensemble, les résultats indiquent un risque accru de leucémie infantile avec une réduction de la distance et une augmentation de l’intensité du champ magnétique. L’estimation du risque est plus élevée lorsque l’intensité du champ magnétique est évaluée avec plus de précision. L’estimation la plus représentative de l’exposition est l’évaluation de l’intensité du champ magnétique dans tous les lieux de résidence d’un enfant, entre la naissance et le diagnostic. D’après ces données, le risque estimé de leucémie semble être plus de deux fois et demie plus élevé chez les enfants qui ont été exposés à long terme à un champ magnétique moyen de 0,3 à 0,4 µT ou plus, comparativement aux enfants exposés au niveau de fond. Cette estimation du risque comporte une grande incertitude, mais le Comité estime qu’il est très peu probable qu’il n’y ait en réalité pas de risque accru. Ces nouvelles analyses confirment les conclusions antérieures du Conseil de la Santé.

Pour les autres types de cancer chez les enfants, seules des données sur les tumeurs du cerveau et les lymphomes sont disponibles. Seules les tumeurs du cerveau disposent de données suffisantes pour effectuer des analyses. Dans les études utilisant la distance pour évaluer l’exposition, aucune indication d’association avec le cancer du cerveau chez les enfants n’a été trouvée. Dans les études utilisant l’intensité du champ magnétique pour évaluer l’exposition, le risque de cancer du cerveau semble presque 1,5 fois plus élevé chez les enfants qui ont été exposés à long terme dans leur maison à des champs magnétiques d’intensité moyenne de 0,4 µT ou plus. Cette estimation du risque est très incertaine et le Comité considère qu’il est plus probable que l’augmentation soit le fruit du hasard que dans le cas de la leucémie.

Conclusions : Les analyses du Comité fournissent des indications d’une association entre l’exposition aux champs magnétiques autour des lignes électriques aériennes et l’incidence de la leucémie infantile et peut-être des tumeurs cérébrales. Lorsque les résultats sont analysés selon les critères d’évaluation de la causalité de l’Environmental Protection Agency des États-Unis, le Comité conclut qu’ils ” suggèrent une relation causale ” entre l’exposition au champ magnétique et la leucémie et les tumeurs du cerveau. Cependant, les indications sont plus faibles pour les tumeurs du cerveau que pour la leucémie. Pour les deux types de cancer, il n’y a pas suffisamment de preuves pour qualifier une relation causale ” probable ” ou ” prouvée “, également du fait qu’il n’existe aucune preuve venant de la recherche sur les animaux. En ce qui concerne le risque de lymphomes infantiles, les données sont insuffisantes pour en déduire une causalité. On ne peut exclure l’influence d’autres facteurs associés à la présence de lignes électriques aériennes. Cependant, cela n’a pas été démontré dans la recherche jusqu’à présent. On ne peut pas non plus exclure que les observations, en particulier celles concernant les tumeurs du cerveau, soient le fruit du hasard.

SCIENTIFIC COMMITTEE ON EMERGING AND NEWLY IDENTIFIED HEALTH RISKS (SCENIHR): POTENTIAL HEALTH EFFECTS OF EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS.
[EFFETS POTENTIELS SUR LA SANTÉ DE L’EXPOSITION AUX CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES]
SCENIHR, 27 January 2015.
http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/emerging/docs/scenihr_o_041.pdf

Ce rapport vise à mettre à jour les avis du 19 janvier 2009 “’Health effects of exposure to EMF” et du 6 juillet 2009 “Research needs and methodology to address the remaining knowledge gaps on the potential health effects of EMF” sur base des nouvelles données disponibles, en accordant une attention particulière aux lacunes identifiées dans les rapports précédents.

Effets sur la santé des champs magnétiques (CM) et des champs électriques (CE) d’extrêmement basses fréquences (EBF)

Les résultats des études épidémiologiques publiées récemment confirment un risque accru de leucémie infantile pour des expositions quotidiennes en moyenne supérieures à 0,3 à 0,4 µT. Comme indiqué dans les avis précédents, aucun mécanisme n’a été identifié, aucune confirmation n’a été apportée par les études expérimentales, ce qui, au vu des zones d’ombre des études épidémiologiques, empêchent d’établir une interprétation causale.

Les études épidémiologiques n’apportent pas de preuves concluantes d’un risque accru de maladies neurodégénératives, y compris la démence, en relation avec l’exposition aux champs magnétiques 50/60 Hz. Par ailleurs, les résultats ne mettent pas en avant des effets négatifs sur la grossesse.
Les études sur la santé des enfants en relation avec l’exposition résidentielle des mères aux champs magnétiques EBF comportent des faiblesses méthodologiques qui doivent être considérées. Les résultats suggèrent des effets peu plausibles et les études doivent être reproduites de façon indépendante avant de pouvoir être utilisées dans l’évaluation des risques. Les résultats récents ne montrent pas un effet des champs EBF sur la fonction de reproduction chez l’homme.

Les résultats des études des effets possibles de l’exposition aux EBF sur les spectres de puissance de l’EEG de veille sont trop hétérogènes en ce qui concerne les champs appliqués, la durée d’exposition et les méthodes statistiques pour tirer une conclusion solide. C’est vrai également pour les résultats comportementaux et l’excitabilité corticale.

Globalement, les études existantes ne fournissent pas de preuves convaincantes d’une relation causale entre l’exposition aux CM-EBF et les symptômes auto-déclarés.

SCIENTIFIC COMMITTEE ON EMERGING AND NEWLY IDENTIFIED HEALTH RISKS SCENIHR: HEALTH EFFECTS OF EXPOSURE TO EMF.
[“Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks” (SCENIHR) : – Effets sur la santé de l’exposition aux CEM.]
EU Directorate – General for Health & Consumer Protection, 19 January 2009

Champs d’extrêmement basses fréquences (Champs EBF)

Les quelques nouvelles études épidémiologiques et animales centrées sur l’exposition aux TBF et le cancer n’apportent pas de modifications aux évaluations précédentes sur la cancérogénicité possible des champs magnétiques TBF et leur rôle potentiel dans l’augmentation de la leucémie infantile. Jusqu’ici, les études in vitro n’ont pas mis en évidence de mécanismes d’action supportant ces résultats épidémiologiques. Aucune nouvelle étude ne permet de soutenir l’hypothèse d’un lien causal entre les champs TBF et les symptômes auto-rapportés.

De nouvelles études épidémiologiques montrent une augmentation possible de la maladie d’Alzheimer suite à l’exposition aux TBF. Des études épidémiologiques supplémentaires et des recherches en laboratoire sont nécessaires afin de vérifier cette observation.

Des études récentes sur les animaux ont apporté un élément qui pourrait aller dans le sens d’effets sur le système nerveux à des densités de flux de 0,10-1 mT. Toutefois, il y a encore des incohérences dans ces données, et aucune conclusion définitive ne peut être émise concernant des effets sur la santé humaine.
Très peu d’études récentes in vitro ont analysé les effets des champs TBF sur d’autres maladies que le cancer et celles qui sont disponibles sont très peu pertinentes. Il existe un besoin d’études in vitro basées sur des hypothèses dans le but d’étudier des maladies spécifiques.

Il est bien connu que les études in vitro et in vivo montrent des effets à des niveaux d’exposition aux champs TBF considérablement plus élevés (0,1 mT et plus) que ceux rencontrés dans les études épidémiologiques (niveau µT) montrant une association entre l’exposition et des maladies telles que la leucémie infantile et la maladie d’Alzheimer. Ceci justifie des investigations plus approfondies.

EXPOSITION ENVIRONNEMENTALE AUX CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES ET SANTÉ. NOTE DE POSITION DE L’INSTITUT DE VEILLE SANITAIRE FRANÇAIS.
Institut de Veille Sanitaire, 20/11/20104
http://www.invs.sante.fr/fr/Publications-et-outils/Avis-et-note-de-position/Expositions-environnementales-aux-champs-electromagnetiques-et-sante (texte complet)

ENVIRONMENTAL HEALTH CRITERIA – MONOGRAPH N° 238 : EXTREMELY LOW FREQUENCY FIELDS.
http://www.who.int/peh-emf/publications/elf_ehc/en/index.html
Aide-mémoire No 322: CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES ET SANTÉ PUBLIQUE. EXPOSITION AUX CHAMPS DE FRÉQUENCE EXTRÊMEMENT BASSE.
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs322/fr/index.html
World Health Organisation, Geneva, Switzerland. 2007.

La plupart des recherches scientifiques s’intéressant aux risques qu’entraîne à long terme l’exposition aux champs magnétiques ELF se sont concentrées sur la leucémie infantile. En 2002, le CIRC a publié une monographie dans laquelle il classait les champs magnétiques ELF comme « peut-être cancérogènes pour l’homme ». Cette classification est utilisée pour caractériser un agent pour lequel on dispose d’éléments limités indiquant sa cancérogénicité chez l’homme et de données insuffisantes relatives à sa cancérogénicité chez les animaux d’expérience (le café et les émanations du soudage en sont d’autres exemples). Cette classification était basée sur des analyses groupées d’études épidémiologiques démontrant un phénomène régulier de multiplication par deux du nombre de leucémies infantiles associées à une exposition moyenne à un champ magnétique du réseau dans les habitations supérieur à 0,3-0,4 μT. Le groupe spécial a conclu que les autres études effectuées depuis lors ne permettent pas de modifier cette classification.

Toutefois, les éléments épidémiologiques perdent de leur force à cause de problèmes méthodologiques, tels des biais de sélection possibles. En outre, il n’existe aucun mécanisme biophysique accepté qui laisserait à penser que les expositions à faible intensité jouent un rôle dans le développement d’un cancer. Ainsi, s’il y avait des effets des expositions à ces champs de faible intensité, ce devrait être par le biais d’un mécanisme biologique jusqu’ici inconnu. En outre, les études chez l’animal ont été en grande partie négatives. Ainsi, tout bien considéré, les éléments de preuve en rapport avec la leucémie infantile ne sont pas suffisamment probants pour être incriminés en tant que cause.

La leucémie infantile est une maladie comparativement rare qui, en 2000, a compté près de 49 000 nouveaux cas dans le monde. Les expositions moyennes à des champs magnétiques dépassant 0,3 μT dans les habitations sont rares: on estime que seuls 1 à 4 % des enfants vivent dans de telles conditions. Si l’association entre champs magnétiques et leucémie infantile montrait une relation de cause à effet, le nombre de cas qui, au niveau mondial, pourraient être attribués à une exposition à un champ magnétique devrait, selon les estimations, se situer entre 100 et 2400 par an, d’après les valeurs enregistrées pour l’année 2000 ce qui représente 0,2 à 4,95 % de l’incidence totale pour cette année. Ainsi, si les champs magnétiques ELF augmentaient véritablement le risque de maladie lorsqu’on les considère dans un contexte mondial, les effets d’une exposition au CEM ELF sur la santé publique seraient limités.

L’association éventuelle d’un certain nombre d’autres effets indésirables pour la santé avec une exposition aux champs magnétiques ELF a été étudiée. On compte parmi eux d’autres cancers infantiles, des cancers de l’adulte, des cas de dépression, des suicides, des troubles cardio-vasculaires, des dysfonctionnements génésiques, des troubles du développement, des modifications immunologiques, des effets neurocomportementaux et des maladies neurodégénératives. Le groupe spécial de l’OMS a conclu que les éléments scientifiques en faveur d’une association entre l’exposition à des champs magnétiques ELF et tous ces effets sanitaires sont beaucoup plus minces que pour la leucémie infantile. Dans certains cas (par exemple pour les maladies cardio-vasculaires ou le cancer du sein), les éléments dont on dispose laissent à penser que les champs n’en sont pas la cause.

HEALTH EFFECTS OF ELECTROMAGNETIC FIELDS.
[Effets sur la santé des champs électromagnétiques].
Expert Group on Health Effects of Electromagnetic Fields, Ireland
Department of Communications, Marine and Natural Resources, Ireland. 2007.

Les champs de fréquence extrêmement basse (EBF) induisent des champs électriques et des courants dans les tissus qui peuvent entraîner une stimulation nerveuse et musculaire involontaire, mais seulement à des intensités de champs très élevées. Ces effets aigus sont à la base des recommandations internationales qui limitent l’exposition. Toutefois, les champs que l’on trouve dans notre environnement sont tellement faibles qu’aucun effet aigu ne peut en résulter, à l’exception de petits chocs électriques qui peuvent apparaître lorsqu’on touche de grands objets conducteurs chargés par ces champs. Aucun effet négatif sur la santé n’a été établi sous les limites suggérées par les recommandations
internationales.

Il existe des indications scientifiques limitées d’une association entre les champs magnétiques EBF et la leucémie infantile. Ceci ne signifie pas que les champs magnétiques EBF provoquent le cancer, mais l’hypothèse ne peut être exclue. Toutefois, des recherches considérables menées dans des laboratoires n’ont pas permis de supporter cette hypothèse et globalement, les indications sont considérées comme faibles, suggérant qu’il est peu probable que les champs magnétiques EBF provoquent une leucémie chez les enfants. Néanmoins, les indications ne devraient pas être écartées et donc des mesures de précaution sans ou à faible coût ont été suggérées afin de diminuer l’exposition des personnes à ces
champs.

Comme mesure de précaution, les futures lignes à haute tension et installations électriques de puissance devraient être situées en dehors des zones fortement peuplées afin de conserver des niveaux faibles d’exposition parmi la population. L’indication selon laquelle les champs magnétiques 50 Hz provoquent la leucémie infantile est trop faible pour nécessiter la modification du trajet des lignes existantes et donc, ces mesures devraient seulement s’appliquer sur les nouvelles lignes.

Conclusion : les conclusions du groupe d’expert sont cohérentes avec celle de revues similaires conduites par des agences officielles nationales et internationales.

POWER FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS, MELATONIN AND THE RISK OF BREAST CANCER.
[Les champs électromagnétiques à la fréquence industrielle, la mélatonine et le risque de cancer du sein.]
Documents of the Health Protection Agency- Series B: Radiation, Chemical and Environmental
Hazards, RCE-1, February 2006.

L’exposition aux champs électromagnétiques à la fréquence industrielle (CEM) est omniprésente dans la vie moderne. L’hypothèse selon laquelle l’exposition chronique aux CEM pourrait augmenter le risque de cancer du sein, par réduction de la sécrétion de l’hormone mélatonine dans l’épiphyse, a été émise pour la première fois il y a presque 20 ans et a conduit à de nombreuses recherches. Pour passer en revue cette hypothèse, ce rapport aborde les indications concernant trois problèmes, à savoir si :

(a) les CEM affectent la production ou l’action de la mélatonine,
(b) la mélatonine a des effets sur le risque de cancer du sein,
(c) les CEM ont des effets sur le risque de cancer du sein.

Les recherches au niveau cellulaire, animal ou humain n’ont pas apporté de preuves cohérentes ou convaincantes que l’exposition aux CEM affecte la production ou l’action de la mélatonine. Toutefois, des manques sont relevés dans les recherches existantes, ce qui laisse ouverte la possibilité d’un effet.

Il existe des indications plus importantes concernant l’inhibition par la mélatonine de la croissance des cellules cancéreuses en culture de laboratoire et chez l’animal. Les données sur la relation possible entre les niveaux de mélatonine et le risque résultant de cancer du sein chez l’homme sont limitées et peu probantes. Les études investiguant l’effet de l’exposition à la lumière (qui affecte la mélatonine) sur le risque de cancer du sein chez l’homme ont apporté quelques indications d’une association, mais ne permet pas de conclure à une relation de causalité, si l’association existe.

Il n’existe pas d’indication cohérente, à partir des recherches au niveau cellulaire, sur les animaux ou chez l’humain, pour conclure que l’exposition aux CEM est une cause de cancer du sein, d’autant qu’aucun mécanisme d’une telle association n’a été démontré. Le rapport conclut par des recommandations pour les recherches futures.

Conclusion : d’une manière générale, les indications que la mélatonine, et le moment et la durée de l’exposition à la lumière, pourrait affecter le risque de cancer du sein, sont intrigantes, mais peu probantes. Dans l’ensemble, les indications à ce jour ne soutiennent pas l’hypothèse que l’exposition aux CEM à la fréquence industrielle a un effet sur les niveaux de mélatonine et le risque de cancer du sein.

 RECENT RESEARCH ON EMF AND HEALTH RISK. TWELFTH REPORT FROM SSM’S SCIENTIFIC COUNCIL ON ELECTROMAGNETIC FIELDS, 2017.
[Recherches récentes sur les CEM et le risque pour la santé. Douzième rapport du conseil scientifique du ssm sur les champs électromagnétiques, 2017]
Swedish Radiation Safety Authority’s (SSM) Scientific Council, April 2018.
Report number: 2018:09 ISSN: 2000-0456 available at https://www.stralsakerhetsmyndigheten.se/publikationer/rapporter/stralskydd/2018/201809/

Parmi les études récentes de l’exposition résidentielle aux champs magnétiques EBF et la leucémie infantile, deux ont révélé une diminution des estimations du risque au fil du temps, mais ce résultat n’est pas confirmé dans toutes les études épidémiologiques. Dans l’ensemble, bien que la question de la cause de la diminution des risques relatifs observés subsiste, ces études ne modifient pas les conclusions actuelles concernant l’association observée entre l’exposition résidentielle aux champs magnétiques EBF et la leucémie infantile, et l’absence d’une explication causale.

Les recherches sur d’autres résultats sont rares et n’indiquent pas de nouvelles perspectives pour l’évaluation des risques pour la santé.

Une seule étude expérimentale chez l’humain a été trouvée, présentant de graves limitations et ne contribuant donc pas à la connaissance des effets aigus de l’exposition au champ magnétique EBF sur la performance cognitive.

 PROXIMITY TO OVERHEAD POWER LINES AND CHILDHOOD LEUKAEMIA: AN INTERNATIONAL POOLED ANALYSIS.
[Proximité des lignes électriques aériennes et leucémie infantile : une analyse poolée internationale]
Amoon AT, Crespi CM, Ahlbom A, Bhatnagar M, Bray I, Bunch KJ, Clavel J, Feychting M, Hémon D, Johansen C, Kreis C, Malagoli C, Marquant F, Pedersen C, Raaschou-Nielsen O, Röösli M, Spycher BD, Sudan M,, Swanson J, Tittarelli A, Tuck DM, Tynes T, Vergara X, Vinceti M, Wünsch-Filho V, Kheifets L.
Br J Cancer. 2018 May 29.

Les études ont régulièrement montré un lien entre le risque de leucémie infantile et les champs magnétiques, mais les associations sont plus contrastées entre le risque de leucémie infantile et la distance aux lignes électriques aériennes. Les auteurs ont regroupé les données de plusieurs études pour évaluer l’association avec la distance et déterminer si elle est due aux champs magnétiques ou à d’autres facteurs associés à la proximité des lignes. Ils présentent une analyse poolée de données individuelles (29 049 cas et 68 231 témoins) provenant de 11 études. Les résultats de cette analyse ne permettent pas d’établir un lien tangible entre la leucémie infantile et la distance par rapport à la ligne électrique aérienne la plus proche, quelle que soit le niveau de tension. Parmi les enfants vivant à moins de 50 m des lignes électriques > 200 kV, le ratio d’incidence ajusté pour la leucémie infantile était de 1,33 (IC 95 % : 0,92-1,93).  L’OR était plus élevé pour les enfants diagnostiqués avant l’âge de 5 ans. Aucune association n’a été relevée avec les champs magnétiques calculés. Les OR sont demeurés inchangés, après ajustement pour tenir compte des facteurs confondants potentiels.

Conclusions : Dans cette première analyse globale de la leucémie infantile et de la distance aux lignes électriques, un risque faible et incertain a été trouvé pour les résidences < 50 m des lignes de > 200 kV qui ne s’explique pas par des champs magnétiques élevés. Les raisons du risque accru, que l’on trouve dans cette étude et dans d’autres, restent à élucider.

EFFECTS OF EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELD EXPOSURE ON COGNITIVE FUNCTIONS: RESULTS OF A META-ANALYSIS.
[Effets de l’exposition aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse sur les fonctions cognitives : Résultats d’une méta-analyse.]
Barth A, Ponocny I, Ponocny-Seliger E, Vana N, Winker R.
Bioelectromagnetics. 2010; 31: 173-179.

Il existe une littérature considérable sur les effets possibles des champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (CM-EBF) sur les fonctions cognitives humaines. Toutefois, en raison d’erreurs méthodologiques (par exemple, faible puissance statistique, petits échantillons), les résultats sont incohérents. Dans cette étude, les auteurs ont essayé de surmonter ces problèmes en réalisant une méta-analyse. Une recherche bibliographique a mis en évidence 17 études. Neuf d’entre elles ont été inclues dans la méta-analyse car elles remplissaient les exigences minimales (par exemple, au moins un design expérimental simple aveugle et les valeurs des moyennes et des écarts-types des variables dépendantes). Toutes ces études ont utilisé l’exposition au champ magnétique 50 Hz. De faibles mais significatives valeurs de l’effet (effet size) ont pu être détectées dans deux dimensions cognitives : dans le niveau difficile d’une tâche de « visual duration discrimination », les sujets exposés obtenaient de meilleurs résultats que les contrôles : au niveau intermédiaire, les sujets exposés obtenaient de moins bons résultats. De plus, une amélioration significative de la justesse des réponses a été observée dans la dimension de « flexibilité » en faveur des sujets exposés. Toutefois, en raison du petit nombre d’étude par dimensions de performance et l’instabilité résultante des estimations, ces résultats doivent être traités avec grande précaution.

Conclusion: Pris ensemble, les résultats de la méta-analyse apporte peu d’indications d’un effet des CM-EBF sur les fonctions cognitives.

EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS (NON-IONIZING RADIATION) AND ITS RELATIONSHIP WITH CHILDHOOD LEUKEMIA: A SYSTEMATIC REVIEW.
[Exposition aux champs électromagnétiques (radiation non-ionisante) et sa relation avec la leucémie infantile: une revue systématique.]
Calvente I, Fernandez MF, Villalba J, Olea N, Nuñez MI.
Sci Total Environ. 2010; 408: 3062-3069.

L’exposition pendant l’enfance à des contaminations physiques, incluant les radiations non-ionisantes, a été impliquée dans de nombreuses maladies, augmentant les inquiétudes à propos de ces sources d’exposition toujours plus répandues. L’objectif premier de cette revue était d’analyser l’état actuel des connaissances de l’association entre l’exposition environnementale aux radiations non ionisantes et le risque de leucémie infantile. Les publications scientifiques publiées entre 1979 et 2008 qui analysent cette association ont été recherchées dans les bases de données MEDLINE/PubMed. A ce jour, les études n’ont pas permis de confirmer ou d’infirmer de manière convaincante l’association entre les radiations non-ionisantes et le risque de leucémie infantile. Des contradictions dans les conclusions des études pourraient également être influencées par des facteurs confondants, des biais de sélection et une mauvaise classification. Des anomalies dans l’enfance pourraient résulter de dommages génétiques ou épigénétiques et d’effets sur l’embryon ou le fotus, lesquels pourraient tous les deux trouver leur origine dans l’exposition des parents avant la conception ou pendant la grossesse. Il est dès lors critique pour les chercheurs de définir a priori le type et la « fenêtre » d’exposition devant être évaluée. Parmi les problèmes méthodologiques qui doivent être résolus, il y a la classification cohérente des individus en fonction du diagnostic et l’estimation de l’exposition aux radiations non-ionisantes, qui peuvent agir via différents mécanismes d’action.

THE EFFECTS OF LOW-FREQUENCY ENVIRONMENTAL-STRENGTH ELECTROMAGNETIC FIELDS ON BRAIN ELECTRICAL ACTIVITY: A CRITICAL REVIEW OF THE LITERATURE.
[Les effets de l’intensité des champs électromagnétiques de basse fréquence dans l’environnement sur l’activité électrique cérébrale: une revue critique de la littérature].
Carrubba S, Marino AA.
Electromagn Biol Med. 2008; 27 : 83-101.

Les rapports traitant de la relation stimulus-réponse entre les champs électromagnétiques (CEM) de basse fréquence et de faible intensité et les changements de l’activité électrique cérébrale permettent l’évaluation de l’hypothèse selon laquelle les CEM seraient détectés par le corps via le processus de transduction sensorielle. Ces rapports, ainsi que ceux concernant des effets sur l’activité cérébrale observés après une durée d’exposition déterminée, sont revus dans cet article d’une manière critique.

Conclusion: Une relation stimulus-réponse cohérente entre les CEM et des changements dans l’activité cérébrale a été démontrée chez les animaux et les humains. Les effets, qui consistent en la survenue et la disparition des potentiels évoqués, ont été observés sous des conditions autorisant de dire que les champs étaient transmis comme des stimuli ordinaires tels que la lumière ou le son. Toutefois, contrairement aux changements de l’activité cérébrale induite par ces stimuli, les changements induits par les CEM étaient gouvernés par des lois non-linéaires. Les études ayant tenté de déterminer si une période d’exposition au CEM entraînait un effet métabolique traduit par des différences de l’activité cérébrale entre pré et post exposition étaient généralement peu concluantes.

A META-ANALYSIS ON THE RELATIONSHIP BETWEEN EXPOSURE TO ELF-EMFS AND THE RISK OF FEMALE BREAST CANCER.
[Méta-analyse de la relation entre l’exposition aux CEM-EBF et le risque de cancer du sein chez la femme.]
Chen Q, Lang L, Wu W, Xu G, Zhang X, Li T, Huang H.
PLoS One. 2013;8(7):e69272.

L’objectif de cette étude est d’analyser en profondeur la relation entre l’exposition aux champs électriques et magnétiques de fréquences extrêmement basses (CEM-EBF) et le développement du cancer du sein chez la femme.

Les rapports des études cas-témoins publiés de 1990 à 2010 ont été analysés. Le modèle de l’effet de la qualité a été choisi pour calculer les odds ratio totaux (OR) en fonction des données des études et des scores de qualité. Des analyses de sous-groupes ont également été réalisées selon que la personne était ou non en ménopause, selon le récepteur d’œstrogènes et selon l’évaluation de l’exposition, respectivement.

Pour l’ensemble des 23 études, OR était de 1,07 IC à 95% = 1,02-1,13, pour le sous groupe récepteur d’œstrogènes positif (ER+), OR était de 1,11 IC à 95% = 1,03-1,20 pour le sous groupe en pré-ménopause, OR était de 1,11 IC à 95% = 1,00-1,23. Les résultats des autres sous-groupes n’ont pas permis de mettre en évidence d’une association significative entre les CEM-EBF et le cancer du sein de la femme.

Conclusion: les CEM-EBF pourraient être mis en relation avec un risque accru de cancer du sein chez la femme, particulièrement chez les femmes pré-ménopausées et ER+. Toutefois, il est nécessaire de mettre en œuvre des recherches épidémiologiques de meilleures qualités qui permettraient d’éviter les limites actuelles des études, en particulier liées à l’évaluation de l’exposition.

EXTREMELY LOW-FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS EXPOSURE AND FEMALE BREAST CANCER RISK: A META-ANALYSIS BASED ON 24,338 CASES AND 60,628 CONTROLS.
[Exposition aux champs électromagnétiques de fréquences extrêmement basses et risque de cancer du sein chez la femme: une méta-analyse basée sur 24 338 cas et 60 628 témoins.]
Chen C , Ma X , Zhong M , Yu Z .
Breast Cancer Res Treat. 2010; 123: 569-576.

Il a été suggéré que l’exposition aux champs électromagnétiques de fréquences extrêmement basses (CEM-EBF) augmentait le risque de cancer du sein chez la femme ; toutefois, les données sont peu concluantes. Afin d’avoir une meilleure estimation de la relation, une méta-analyse a été réalisée à partir d’une recherche dans Medline, PubMed, Embase, the Cochrane Library et Web of Science . Les OR bruts avec intervalle de confiance à 95% ont été utilisés pour évaluer la force de l’association entre l’exposition aux CEM-EBF et le risque de cancer du sein chez la femme. Un total de 15 études publiées entre 2000 et 2009 et incluant 24 338 cas et 60 628 témoins ont été repris dans cette méta-analyse. Les résultats ne montrent pas une association significative entre l’exposition aux CEM-EBF et le risque de cancer du sein chez la femme dans une analyse sur l’ensemble des données (OR = 0.988, 95% IC = 0.898-1.088), ni dans les sous-groupes analysés selon les modes d’exposition, le statut ménopausique et le statut des récepteurs aux oestrogènes. Ce résultat est en accord avec celui d’une méta-analyse menée précédemment par Erren en 2000.

Conclusion: Cette méta-analyse suggère que l’exposition aux CEM-EBF n’a pas dassociation avec la susceptibilité au cancer du sein chez la femme.

ELECTROMAGNETIC FIELDS, OXIDATIVE STRESS, AND NEURODEGENERATION.
[Champs électromagnétiques, stress oxydatif et neuro-dégénérescence.]
Consales C, Merla C, Marino C, Benassi B.
Int J Cell Biol. 2012;2012:683897.

Les champs électromagnétiques (CEM) provenant de sources naturelles ou artificielles sont omniprésents dans notre environnement. Comme les personnes sont continuellement exposées aux CEM, la question de leur dangerosité sur la santé humaine est en débat. Sur base de deux décennies d’études épidémiologiques, un risque accru de leucémie infantile associé aux CM de fréquences extrêmement basses, a été considéré, incitant le Centre International de Recherche sur le Cancer à les classer dans la catégorie 2B des carcinogènes (2001). L’interaction des CEM avec les systèmes biologiques peut entraîner un stress oxydatif sous certaines circonstances. Puisque les radicaux libres sont essentiels dans les processus physiologiques cérébraux, et dans la dégénération pathologique, la recherche centrée sur l’influence possible du stress oxydatif par les CEM est en cours, particulièrement à la lumière des études récentes suggérant que les CEM pourraient contribuer à l’étiologie des maladies neurodégénératives.

Cette revue synthétise les indications émergentes sur le sujet, mettant en lumière l’incertitude qui caractérise les effets des CEM sur la modulation du stress oxydatif, puisque des effets pro-oxydatifs et neuro-protecteurs sont documentés. Une attention particulière doit être portée afin d’éviter les limitations méthodologiques et déterminer la pertinence patho-physiologique de toutes modifications dans des systèmes biologiques exposés aux CEM.

ASSUMPTIONS IN QUANTITATIVE ANALYSES OF HEALTH RISKS OF OVERHEAD POWER LINES.
[Hypothèses dans l’analyse quantitative des risques sanitaires liés aux lignes à haute tension]
de Jong A, Wardekker J.A., van der Sluijs J.P.
Environmental Science & Policy. 2012; 16: 114-121.

Un des problèmes majeurs qui limitent la formulation de décisions politiques incontestées sur les risques modernes est la présence d’incertitudes à divers stades du cycle décisionnel. Dans la littérature, des approches différentes sont proposées pour résoudre le problème de l’incertitude. Des approches réflexives telles que l’analyse généalogique peuvent être utilisées pour explorer la qualité des indications (résultats) lorsque la quantification des incertitudes est en jeu.

Les champs électromagnétiques font partie de ces domaines où la qualité des indications (résultats) freine les décisions politiques. Une association (statistique) met en avant un risque accru de leucémie infantile chez les enfants vivant à proximité de lignes à haute tension. Toutefois, aucun mécanisme biophysique, qui confirmerait cette association, n’a été trouvé à ce jour. Le gouvernement hollandais fonde sa politique concernant les lignes électriques aériennes sur le principe de précaution. Des études antérieures ont évalué au Pays-Bas le nombre potentiel de cas supplémentaires de leucémie infantile qui serait du à la présence des lignes électriques aériennes. Toutefois, une telle quantification des risques sur la santé des CEM comporte un certain nombre d’hypothèses. Dans cette étude, ces hypothèses ont été répertoriées et évaluées d’une manière critique par des experts à partir d’une matrice généalogique. Il est apparu que les hypothèses qui ont été considérées comme importantes dans la quantification des risques pour la santé montrent une forte valeur subjective.

Conclusion: Au vu de l’état actuel des connaissances, les résultats montrent que la quantification des risques sanitaires des CEM est prématurée. Les auteurs estiment que la mise en place du principe de précaution par le gouvernement hollandais est adéquate.

“DIRTY ELECTRICITY”: WHAT, WHERE, AND SHOULD WE CARE?
[“Electricité sale”: Quoi, où et devrions-nous nous en préoccuper?]
de Vocht F
J Expo Sci Environ Epidemiol. 2010; 20: 399-405.

L’exposition environnementale aux transitoires de haute fréquences (HFVT), aussi appelés électricité sale, a été reprise par les groupes des électro(hyper)sensibles comme étant un composant biologique actif de la pollution électromagnétique. Une recherche de littérature a été menée dans PubMed et seulement 7 articles ont été identifiés.

L’exposition au HFVT était associée à une augmentation des risques de cancer, alors que la suppression des 4-100 kHz HFVT des circuits EBF 50-60Hz était liée à de nombreuses améliorations de la santé (niveau de glucose plasmatique chez des patients diabétiques, symptômes de sclérose multiple, asthme et autres maladies respiratoires et insomnie), bien-être (fatigue, frustration, santé en général, irritabilité, satisfaction, humeur) et comportement de l’étudiant.

Toutefois, ces études publiées comportaient des défauts méthodologiques importants dans la conduite des études, l’évaluation de l’exposition et les analyses statistiques qui ne permettent pas une évaluation valide d’un lien causal entre les métriques d’expositions et les effets négatifs.

Conclusion: L’exposition environnementale au HFVT est un métrique d’exposition au CEM intéressant qui pourrait expliquer les résultats des études épidémiologiques utilisant des métriques standards d’exposition aux EBF et RF. Toutefois, jusqu’à présent, les problèmes méthodologiques des études publiées ne permettent pas une évaluation valide de leur activité biologique.

SYSTEMATIC REVIEW OF THE EXPOSURE ASSESSMENT AND EPIDEMIOLOGY OF HIGH-FREQUENCY VOLTAGE TRANSIENTS.
[Revue systématique de l’évaluation de l’exposition et de études épidémiologiques des transitoires à haute fréquence.]
de Vocht F, Olsen RG.
Front Public Health. 2016;4:52.

Les conclusions des études épidémiologiques décrivant des effets négatifs sur la santé liés à l’exposition aux champs électromagnétiques ne sont pas unanimes et même souvent contradictoires. Une explication pourrait être que les transitoires à hautes fréquences [Dirty eletricity, DE] qui sont superposés aux champs de 50/60 Hz, mais qui ne sont généralement pas mesurés, seraient l’agent causal réel. DE a été liée à de nombreux effets différents sur la santé et le bien-être, et sur cette base, on assiste à une croissance de l’industrie liée à la vente d’équipements de mesure et de filtrage. Les auteurs ont passé en revue les articles publiés dans des journaux avec comité de lecture étudiant la DE comme agent causal des effets nocifs sur la santé humaine. Une recherche documentaire a été réalisée dans les bases de données Cochrane, PubMed, Web of Science, Google Scholar, et des publications supplémentaires ont été obtenues à partir des listes de référence et de la littérature grise. Cette recherche a abouti à 25 publications ; 16 comprenaient des données primaires épidémiologiques et / ou d’exposition. Toutes les études ont été examinées par les deux auteurs de façon indépendante, ainsi qu’une révision des études incluses dans une revue précédente de l’un des auteurs (données jusqu’au 31 juillet 2009). DE a été mesuré différemment dans les différentes études et les données de comparaison ne sont pas disponibles. Rien n’indique que le seuil de sécurité de 50 unités Graham-Stetzer (GS) ne repose pas sur un choix plus qu’arbitraire. Les données épidémiologiques sur les effets de la DE sur la santé humaine reposent principalement sur des descriptions de cas souvent réutilisées. Les données quantitatives sont basées sur l’auto-déclaration dans des interventions non aveugles, des associations écologiques et une étude de cohorte transversale portant sur le risque de cancer, qui ne laisse pas entendre que DE est l’agent causal.

Conclusions : Les résultats disponibles sur l’exposition à DE comme agent affectant la santé humaine ne font pas actuellement l’objet d’un examen scientifique.

A CONSENSUS PANEL REVIEW OF CENTRAL NERVOUS SYSTEM EFFECTS OF THE EXPOSURE TO LOW-INTENSITY EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS.
[Revue consensuelle des effets sur le système nerveux central de l’expositon aux champs magnétiques de faibles intensités et de fréquences extrêmement basses.]
Di Lazzaro V, Capone F, Apollonio F, Borea PA, Cadossi R, Fassina L, Grassi C, Liberti M, Paffi A, Parazzini M, Varani K, Ravazzani P.
Brain Stimul. 2013;6(4):469-476.

Un grand nombre d’études a exploré les effets biologiques des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses (0-300 Hz, CM-EBF) sur le système nerveux tant au niveau cellulaire qu’au niveau du système cérébral intact rapportant plusieurs changements fonctionnels. Toutefois, les résultats des différentes études sont plutôt variables et les mécanismes d’action des CM-EBF restent toujours mal définis. L’objectif de cet article est de fournir une revue approfondie des effets des CM-EBF sur le système nerveux.

Les auteurs ont convoqué un groupe de travail rassemblant des chercheurs spécialistes du domaine pour examiner et discuter les données disponibles des effets de l’exposition aux CM-EBF sur le système nerveux.

Les auteurs ont examiné plusieurs études méthodologiques, expérimentales et cliniques et ont analysé les conclusions en cinq sections. La première section analyse les appareils utilisés pour mesurer l’exposition CM-EBF. La deuxième section examine la contribution des méthodes et des modèles informatiques dans l’étude de l’interaction entre CM-EBF et les systèmes neuronaux. La troisième section analyse les données expérimentales au niveau cellulaire et tissulaire montrant les effets sur les récepteurs de la membrane cellulaire et de signalisation intracellulaire et leur corrélation avec la prolifération et la différenciation des cellules souches neurales. La quatrième section passe en revue les études réalisées sur le cerveau humain intact et évalue les changements produits par les CM-EBF à l’aide de méthodes neurophysiologiques et neuropsychologiques. La dernière section montre les limites et les lacunes des données disponibles, et met en avant les principaux défis dans le domaine et les pistes de recherches futures.

EFFECTS OF ELECTROMAGNETIC FIELD EXPOSURE ON THE HEART: A SYSTEMATIC REVIEW.
[Effets de l’exposition aux champs électromagnétiques sur le cœur: une revue systématique de la littérature.]
Elmas O.
Toxicol Ind Health. 2016;32(1):76-82

L’utilisation des appareils électriques a continuellement augmenté au cours du siècle dernier, et les scientifiques ont suggéré que les champs électromagnétiques (CEM) générés par de tels appareils pourraient avoir des effets dangereux sur les êtres vivants. Les auteurs ont mené une revue systématique des publications scientifiques sur les effets des CEM sur le cœur. La plupart des travaux sont centrés sur les fréquences 50-60 Hz, et aucun consensus quant aux effets négatifs de l’exposition aux champs électromagnétiques 50-60 Hz à court ou à long terme sur le cœur n’a pu être dégagé. Les différences entre les études pourraient être dues à une réponse compensatoire développée par le corps au cours du temps. A des intensités plus élevées ou des expositions plus courtes, la capacité du corps à développer des mécanismes de compensation est réduite et la possibilité d’effets cardiaques augmente. Il faut noter que des maladies des tissus cardiaques telles que l’ischémie du myocarde peuvent également être traitées avec succès au moyen des CEM.

Conclusion : Malgré le volume important de données qui ont été recueillies sur les effets cardiaques des CEM, des études supplémentaires sont nécessaires au niveau cellulaire et moléculaire pour clarifier complètement le sujet.

CHILDHOOD LEUKEMIA AND RESIDENTIAL MAGNETIC FIELDS: ARE POOLED ANALYSES MORE VALID THAN THE ORIGINAL STUDIES?
[Leucémie infantile et champs magnétiques résidentiels: les méta-analyses sont-elles plus valides que les études originales?]
Elwood J.M.
Bioelectromagnetics 2006; 27 : 112-118.

L’association vue dans les études épidémiologiques entre la leucémie infantile et l’intensité du champ magnétique dans la maison de l’enfant a eu de l’influence sur les rapports des groupes internationaux et sur les organismes mettant en place les normes. Cette association est habituellement basée sur les résultats de deux analyses combinées publiées, qui utilisent des définitions d’exposition différentes de celles de certaines des études originales. Toutefois, les résultats et les conclusions des analyses combinées diffèrent de ceux des 3 plus importantes études récentes, qui présentent la méthodologie la plus perfectionnée et représentent ensemble la majorité des cas exposés aux niveaux élevés recensés dans les analyses combinées. Cesétudes récentes, utilisant les méthodes d’exposition et les niveaux seuils posés a
priori, concluent chacune qu’il y a une faible indication d’une association. Les analyses combinées, utilisant des mesures d’exposition différentes et des seuils différents, concluent qu’une association existe à des niveaux élevés d’exposition.

Conclusion: il n’est pas évident de dire si les résultats des analyses combinées sont plus valides que ceux des études principales récentes, bien que cela ait été souvent prétendu dans les revues influentes.

NON-CANCER EMF EFFECTS RELATED TO CHILDREN.
[Les effets “non cancers” des CEM chez les enfants]
Feychting M.
Bioelectromagnetics 2005; 26, Suppl 7: S69-74.

Les effets potentiels négatifs liés à l’exposition aux champs électromagnétiques sur l’enfant en développement ont fait l’objet de débats ces dernières décennies. Des effets pendant le développement foetal pourraient avoir des conséquences majeures et probablement entraîner des effets néfastes sur la grossesse.

Cette étude résume les indications de ces effets en relation avec l’exposition aux extrêmement basses fréquences (EBF) et aux radiofréquences (RF) et discute brièvement d’autres effets potentiels sur la santé, à l’exception des cancers, suite aux
expositions pendant l’enfance à ces champs. La plupart des études sur l’exposition aux EBF n’ont pas montré de manière cohérente de risque accru d’effets néfastes sur la grossesse, mais des limitations dans les méthodes d’évaluation de l’exposition et les possibilités très limitées d’étudier des niveaux élevés d’exposition empêchent de tirer des conclusions. Les résultats ayant montré une augmentation du risque d’avortement spontané en relation avec des expositions maximales au champ magnétique dans deux études nécessitent d’être confirmés. Les études sur l’exposition aux RF ont pour la plupart été limitées aux physiothérapeutes et, bien que quelques résultats positifs aient été mis en avant, aucun type spécifique de malformation, ou d’autres effets négatifs, n’a été rapporté. Différents symptômes et des effets sur la fonction cognitive en relation avec les champs EBF et RF ont été rapportés chez l’adulte, mais les études scientifiques n’ont pas confirmé que ces symptômes étaient causés par les champs électromagnétiques. Aucune information n’est disponible pour les enfants.

ELECTROMAGNETIC FIELDS AND FEMALE BREAST CANCER.
[Champs électromagnétiques et cancer du sein chez la femme]
Feychting M., Forssen U.
Cancer Causes Control. 2006; 17 : 553-558.

La possibilité d’une augmentation du risque de cancer du sein en relation avec une exposition à long terme à des champs électromagnétiques, relativement faibles, à la fréquence industrielle a été étudiée au cours des dernières décennies. Une
hypothèse est que l’exposition aux champs magnétiques inhibe la production de la mélatonine et que cette dernière a un rôle protecteur contre le cancer du sein. La plupart des études épidémiologiques ont indiqué soit un faible effet, soit pas d’effet global de l’exposition aux champs électromagnétiques, mais quelques études récentes suggèrent des effets chez des femmes pré-ménopausées, particulièrement dans les cancers du sein positifs aux oestrogènes. Les études récentes ont souvent été limitées par le faible nombre de sujets, des informations d’exposition sommaires et un manque d’information sur les facteurs de confusion. Dans les études plus récentes en milieu professionnel, à nouveau, aucune augmentation du risque global n’a été mise en évidence, mais quelques études ont montré des risques accrus dans certains sous-groupes, bien que sans modèle cohérent entre les études. Une très importanteétude récente en milieu professionnel avec une méthode d’évaluation de l’exposition améliorée et suffisamment de puissance statistique pour permettre une analyse par sous-groupes n’a pas mis en évidence d’indication de risque accru dans aucun des
sous-groupes. La plupart des études résidentielles récentes bien menées n’ont pas mis en évidence de risque accru et des résultats similaires ont été obtenus dans la majorité des études sur les appareils destinés à chauffer les lits (couverture
chauffante et matelas chauffant). D’une manière générale, les indications les plus probantes à ce jour ne suggèrent pas d’augmentation du risque de cancer du sein en relation avec l’exposition aux champs électromagnétiques.

EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS AND HUMAN REPRODUCTION: THE EPIDEMIOLOGIE EVIDENCE.
[Exposition aux champs électromagnétiques et reproduction humaine: la preuve épidémiologique.]
Figa-Talamanca I, Nardone P, Giliberti C
Eur. J. Oncol.2010 nov – Library Vol. 5: 387-402. (http://www.icems.eu/papers.htm)

Plusieurs études ont analysé les effets sur la reproduction des expositions professionnelles et environnementales aux champs électromagnétiques (CEM) à partir de méthodes in vitro , in vivo et épidémiologiques. Cet article examine les principaux résultats issus de la littérature épidémiologique des effets de l’exposition aux CEM sur la reproduction humaine, et repris dans la banque de données PubMed après 1990. Les études sur la reproduction des hommes se sont principalement focalisées sur l’association possible entre l’exposition professionnelle aux CEM et l’infertilité ou les malformations congénitales des enfants. Les études des effets possibles sur la reproduction des femmes ont analysé l’association entre les expositions aux CEM (écrans, exposition résidentielle aux CM EBF, couverture électrique, matelas d’eau chauffant, téléphonie mobile) durant la gestation et les avortements spontanés ou les malformations congénitales des enfants. Pour chaque étude, les auteurs ont pris en compte le design de l’étude (études de cohorte, de corrélation, cas-témoins, suivi prospectif, expérimentales), la population, et les paramètres étudiés, la méthode d’évaluation de l’exposition aux CEM et les résultats obtenus.

Conclusion: D’une manière générale, les résultats obtenus à ce jour à l’aide d’une approche épidémiologique n’apportent pas de preuves formelles d’un effet sur la reproduction humaine aux niveaux d’exposition rencontrés en milieu professionnel et environnementale. Toutefois, il existe quelques indications d’une augmentation de ces risques chez des personnes particulièrement exposées. En discutant les résultats, les auteurs mettent en avant les nombreuses limitations de la plupart des études épidémiologiques : les facteurs confondants comme l’âge, les fumeurs, l’exposition professionnelle des hommes et des femmes à des substances chimiques toxiques, le style de vie sédentaire… ne sont pas souvent pris en considération. De plus, l’exposition des sujets aux CEM est fréquemment déterminée uniquement sur base d’interviews et de rapports directement rédigés par les sujets impliqués. Ces limitations sont également discutées, de même que les possibles mécanismes d’action (hypothétique/suspectés) des CEM sur la reproduction des hommes et des femmes, comme suggéré par la littérature des études in vivo.

DESIGNS AND ANALYSES FOR EXPLORING THE RELATIONSHIP OF MAGNETIC FIELDS TO CHILDHOOD LEUKAEMIA: A PILOT PROJECT FOR THE DANISH NATIONAL BIRTH COHORT.
[Méthodologies et analyses d’exploration de la relation entre les champs magnétiques et la leucémie infantile: un projet pilote du « Danish National Birth Cohort ».]
Greenland S, Kheifets L.
Scand J Public Health. 2009; 37 : 83-92.

Les analyses groupées (« pooled analyses ») ont montré de manière récurrente une association entre la leucémie infantile et les champs magnétiques résidentiels, même après avoir tenté de tenir compte des biais des études.
A la lumière de la possibilité sérieuse d’un lien causal, une étude des effets conjoints possibles (interactions) des champs magnétiques et des cofacteurs génétiques dans la leucémie infantile pourrait être justifiée. Une telle étude devrait faire face à des obstacles importants relatifs aux nombres limités de sous-groupes dans l’analyse. Pour surmonter ces obstacles, les auteurs décrivent une méthodologie et une stratégie d’analyse qui combinent un échantillonnage en plusieurs étapes, une modélisation des erreurs de mesure et des méthodes baysiennes d’analyse des sous-groupes qui incluent des informations provenant de précédentes analyses groupées. Une attention particulière est donnée aux spécifications préalables, qui pourraient être l’élément potentiel de controverse. L’approche pourrait être mis à l’essai sur des données du Danish National Birth Cohort, mais une étude informative requerrait d’augmenter ces données avec un échantillonnage cas-témoins.

Conclusion : Les auteurs concluent que l’approche mise en avant pourrait avoir de la valeur non seulement dans ce domaine, mais aussi dans d’autres études sur les effets d’expositions rares et de facteurs génétiques sur des affections rares.

LEUKEMIA ATTRIBUTABLE TO RESIDENTIAL MAGNETIC FIELDS: RESULTS FROM ANALYSES ALLOWING FOR STUDY BIASES.
[Leucémies attribuable aux champs magnétiques résidentiels: les résultats des analyses tenant compte des biais des études.]
Greenland S., Kheifets L.
Risk Anal. 2006; 26 : 471-482.

A peu près chaque étude épidémiologique sur les champs magnétiques résidentiels et de la leucémie infantile a montré une association positive. Néanmoins, parce que ces études souffrent de différentes limites méthodologiques et que l’on ne connaît pas de mécanismes d’action plausibles, on ne sait pas combien de ces associations, si elles existent, représentent une relation de cause à effet. De plus, parce que les associations observées sont faibles et impliquent seulement les
niveaux d’exposition les plus élevés et les moins fréquents, on assume que l’impact sur la santé public serait faible. Les auteurs présentent certaines analyses formelles de l’impact de l’exposition aux champs magnétiques résidentiels à la
fréquence du réseau (mesuré par des fractions attribuées), en tenant compte de nos incertitudes en matière de bien des études ainsi que des incertitudes concernant la distribution de l’exposition.

Ces analyses supportent l’idée que l’impact des champs résidentiels sur la santé public est probablement limité, mais que et l’absence d’impact et un impact important restent parmi les possibilités, à la lumière des données existantes.

POTENTIAL HEALTH IMPACTS OF RESIDENTIAL EXPOSURES TO EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELDS IN EUROPE.
[Impacts potentiels sur la santé des expositions résidentielles aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses en Europe.]
Grellier J1, Ravazzani P, Cardis E.
Environ Int. 2014 ; 62:55-63.

Ces 20 dernières années, l’exposition résidentielle aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) a été associée de manière récurrente à la leucémie infantile dans des études épidémiologiques, bien que le lien de cause à effet soit toujours à l’étude. Les auteurs avaient comme objectif d’estimer les cas de leucémie infantile qui pourraient être attribués à l’exposition aux CM-EBF dans l’Union Européenne (UE27), si les associations relevées dans les études épidémiologiques étaient causales. Ils ont estimé les distributions de l’exposition aux CM-EBF sur base d’études identifiées dans la littérature. Les distributions individuelles ont été intégrées à l’aide d’une approche probabiliste de distribution de mélange. Les fonctions exposition/réponse ont été estimées à partir des analyses poolées les plus récentes. La simulation probabiliste a été utilisée pour estimer la fraction attribuable dans la population (FAP) et les cas attribuables de leucémie infantile dans l’Europe des 27. En assignant la distribution de l’exposition à tous les pays, le nombre annuel total de cas de leucémie attribué aux CM-EBF se situait entre ~50 (IC 95%: -14, 132) et ~60 (IC 95%: -9, 610), selon le type de modélisation de l’exposition/réponse, en catégories ou sous une forme continue, respectivement, pour un effet sans seuil.

Conclusions: Le nombre total de cas de leucémie attribuables aux CM-EBF est estimé entre 1,5 et 2% de tous les cas incidents de leucémie infantile relevés annuellement dans l’Europe des 27. Des incertitudes importantes sont dues au manque de données d’exposition et au choix du modèle exposition/réponse, démontrant l’importance des recherches à venir dans une meilleure compréhension des mécanismes entrant en jeu dans l’association potentielle entre l’exposition aux CM-EBF et la leucémie infantile et la nécessité d’améliorer le suivi des expositions résidentielles aux CM-EBF en Europe.

EXTREMELY LOW FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS STIMULATION MODULATES AUTOIMMUNITY AND IMMUNE RESPONSES: A POSSIBLE IMMUNO-MODULATORY THERAPEUTIC EFFECT IN NEURODEGENERATIVE DISEASES.
[Une stimulation par des champs électromagnétiques d’extrêmement basses fréquences module l’auto-immunité et les réponses immunitaires : Un effet thérapeutique possible immuno-modulé dans les maladies neurodégénératives.]
Guerriero F, Ricevuti G.
Neural Regen Res. 2016;11(12):1888-1895.

De plus en plus de données montrent que la stimulation par des champs électromagnétiques d’extrêmement basses fréquences (CEM-EBF) peut exercer une certaine action sur l’auto-immunité et les cellules immunitaires. Dans le passé, l’efficacité des CEM-EBF pulsés pour atténuer les symptômes et la progression de la sclérose multiple a été montrée par leur action sur la neurotransmission et sur les mécanismes auto-immuns responsables de la démyélinisation. Concernant le système immunitaire, l’exposition aux CEM-EBF contribue à une activation générale des macrophages, entraînant des changements dans l’auto-immunité et plusieurs réactions immunologiques, comme par exemple une augmentation de la formation d’espèces réactives de l’oxygène, une augmentation de l’activité de phagocytose et un accroissement de la production de chimiokines. La stimulation cérébrale transcrânienne est une nouvelle technique non-invasive utilisée récemment pour traiter différents troubles neurodégénératifs, en particulier la maladie d’Alzheimer. Malgré la démonstration de sa valeur, les mécanismes par lesquels la stimulation cérébrale par les CEM exerce ses actions bénéfiques sur la fonction neuronale ne sont pas clairs. Des études récentes ont montré que ces effets bénéfiques pourraient être dus à un effet neuro-protecteur sur les lésions cellulaires oxydatives. Sur base d’études cliniques et in vitro sur l’activité cérébrale, la modulation par les CEM-EBF pourrait peut-être contrecarrer les réponses aberrantes pro-inflammatoires présentes dans les troubles neurodégénératifs en réduisant leur sévérité et leur survenue. L’objectif de cette revue est de fournir une analyse systématique de la littérature publiée sur les champs électromagnétiques et de décrire les effets les plus prometteurs des CEM-EBF dans le développement de traitements des maladies neurodégénératives.

Conclusions : Les données soutiennent le rôle des CEM-EBF dans la génération de réponses immuno-modulées, la neuromodulation et des bénéfices potentiels neuroprotecteurs. Néanmoins, les mécanismes sous-jacents d’interaction entre les CEM et le système immunitaire ne sont pas encore complètement compris et nécessitent des études ultérieures au niveau moléculaire.

 AMYOTROPHIC LATERAL SCLEROSIS AND OCCUPATIONAL EXPOSURES: A SYSTEMATIC LITERATURE REVIEW AND META-ANALYSES.
[Sclérose latérale amyotrophique et expositions professionnelles: une revue systématique de la littérature et méta-analyses]
Gunnarsson LG, Bodin L.
Int J Environ Res Public Health. 2018 Oct 26;15(11).

Les auteurs ont procédé à une revue systématique de la littérature afin d’identifier les études répondant aux critères de qualité nécessaires à leur inclusion dans des méta-analyses des facteurs de risque professionnels de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Ils ont identifié 79 publications originales sur les associations entre le travail et la SLA. Les lignes directrices MOOSE (Meta-analysis Of Observational Studies in Epidemiology) et GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluations) ont été utilisées pour assurer une haute qualité scientifique, et des protocoles fiables ont été appliqués pour classer les articles. Trente-sept articles répondaient aux critères scientifiques de qualité, tandis que 42 étaient inadéquats sur le plan méthodologique et ont donc été exclus de nos méta-analyses. Les risques relatifs pondérés pour les diverses expositions professionnelles étaient respectivement de 1,29 (intervalle de confiance (IC à 95 %) : 0,97-1,72 ; six articles) pour les travaux physiques lourds, 3,98 (IC à 95 % : 2,04-7,77 ; trois articles) pour les sports professionnels, 1,45 (IC à 95 % : 1,07-1.96 ; six articles) pour les métaux, 1,19 (IC 95 % : 1,07-1,33 ; 10 articles) pour les produits chimiques, 1,18 (IC 95 % : 1,07-1,31 ; 16 articles) pour les champs électromagnétiques ou le travail dans le domaine de l’électricité, et 1,18 (IC 95 % : 1,05-1,34 ; quatre articles) pour le travail comme infirmier/ère ou médecin.

Conclusions : Des méta-analyses basées uniquement sur des publications épidémiologiques de bonne qualité scientifique montrent que le risque de SLA est significativement élevé pour les expositions professionnelles à des travaux physiques excessifs, aux produits chimiques (notamment les pesticides), aux métaux (surtout le plomb), et peut-être aussi aux champs électromagnétiques et aux soins de santé. Ces résultats ne s’expliquent pas par un biais de publication.

DO MAGNETIC FIELDS CAUSE INCREASED RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA VIA MELATONIN DISRUPTION?
[Les champs magnétiques provoquent-ils une augmentation du risque de leucémie infantile via une perturbation de la mélatonine ?]
Henshaw D.L., Reite R.J.
Bioelectromagnetics. 2005;Suppl 7:S86-97.

Certaines études épidémiologiques indiquent des associations entre l’exposition aux champs magnétiques à la fréquence industrielle et un risque accru de certaines pathologies cancéreuses et non cancéreuses. Des expositions supérieures à 0.3/0.4 microT sont associées à un risque doublé de la leucémie infantile. Ici, nous proposons que l’hypothèse de la mélatonine, dans laquelle les champs magnétiques à la fréquence industrielle réduisent la production nocturne de mélatonine dans la glande pinéale, explique le risque accru qui est observé au niveau de la leucémie infantile. Une telle perturbation de la mélatonine a été montrée chez l’animal, en particulier avec l’exposition aux champs électriques et/ou avec de rapides variations on/off de champs magnétiques.

Des résultats ambigus ont été obtenus à partir d’expositions aux champs magnétiques, contrôlées en laboratoire, chez des volontaires, bien que les conditions d’exposition ne sont généralement pas typiques des expositions de notre environnement. Par contraste, cette hypothèse est soutenue dans des études qui montrent la perturbation de mélatonine par le champ magnétique dans des populations humaines exposées de manière chronique aux champs électriques et magnétiques du réseau de distribution d’électricité. Cette hypothèse est encore étayée par l’observation du rôle hautement protecteur de la mélatonine par rapport aux dommages oxydatifs au niveau du système hématopoïétique humain. Certains aspects de cette hypothèse sont susceptibles d’être vérifiés par des recherches.

CAN DISTURBANCES IN THE ATMOSPHERIC ELECTRIC FIELD CREATED BY POWERLINE CORONA IONS DISRUPT MELATONIN PRODUCTION IN THE PINEAL GLAND?
[Des perturbations du champ électrique atmosphérique créées par les ions couronnes des lignes à haute tension peuvent-elles entraîner une perturbation de la production de mélatonine dans la glande pinéale ?]
Henshaw DL , Ward JP , Matthews JC .
J Pineal Res. 2008; 45: 341-350.

De récentes études épidémiologiques ont rapporté une augmentation du risque de leucémie chez les adultes et les enfants vivant à proximité de lignes à haute tension aériennes, mais à des distances supérieures aux champs électriques et magnétiques provenant directement des lignes. Des ions corona sont émis par les lignes électriques, formant un panache qui est emporté par le vent. Le panache génère des perturbations très variables du champ électrique atmosphérique de quelques dizaines à quelques centaines de V / m sur une durée de quelques secondes à quelques minutes. Ces perturbations peuvent être observées au-delà de plusieurs centaines de mètres des lignes électriques.

Une hypothèse serait que ces perturbations aléatoires entraîneraient une perturbation de la synthèse nocturne de mélatonine et des rythmes circadiens, qui, à son tour conduirait à un risque accru d’un certain nombre d’effets néfastes sur la santé, dont la leucémie. À l’appui de l’hypothèse, il est à noter que la mélatonine est très protectrice des dommages oxydatifs du système hématopoïétique de l’homme.

Conclusion: Une revue de la littérature des études sur le champ électrique fournit les indications suivantes : (i) la variation diurne du champ électrique atmosphérique naturel pourrait agir lui-même comme un faible zeitgeber (ndlr : « mécanisme extérieur, comme la lumière, l’alternance des saisons…, qui permet de synchroniser notre horloge biologique avec l’environnement »), (ii) la perturbation de la mélatonine par les champs électriques est observée chez les rats, (iii), chez les humains, des perturbations dans les rythmes circadiens ont été observées pour des champs artificiels aussi faibles que 2,5 V/m. Des suggestions spécifiques sont proposées afin de tester les aspects de l’hypothèse.

EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND PARKINSON’S DISEASE-A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS OF THE DATA.
[Exposition aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences et maladie de Parkinson – Revue systématique et méta-analyse des données.]
Huss A, Koeman T, Kromhout H, Vermeulen R.
Int J Environ Res Public Health. 2015;12(7):7348-7356.

L’objectif de cette étude était d’analyser l’association entre l’exposition professionnelle aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) et la maladie de Parkinson. Les auteurs ont mené une recherche systématique des publications reprenant les risques de maladie de Parkinson de travailleurs exposés aux CM-EBF. Onze études ont été inclues. L’exposition était évaluée différemment selon les études : 4 études sur base des dossiers professionnels, 4 sur base de recensement, interview ou questionnaire et les 3 dernières sur base des certificats de décès. Le risque de maladie de Parkinson n’était pas plus important chez les travailleurs exposés à CM-EBF (risque relatif de 1,05, IC 95% 0,98 à 1,13).

Conclusions: Dans l’ensemble, pas de preuve d’une augmentation du risque de la maladie de Parkinson par l’exposition aux CM-EBF.

 OCCUPATIONAL EXPOSURE TO EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND THE RISK OF ALS: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
Exposition professioonelle au champ magnétique d’extrêmement basses fréquences et risqué de SLA: une revue systématique et une méta-analyse.
Huss A, Peters S, Vermeulen R.
Bioelectromagnetics. 2018 Feb;39(2):156-163

Les auteurs ont mené une méta-analyse pour examiner les associations entre l’exposition professionnelle aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) et la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Les études épidémiologiques ont été identifiées dans EMBASE et MEDLINE, dans des listes de référence et une base de données spécialisée. Les études qui ont analysé les risques de SLA associés à l’exposition professionnelle aux CM-EBF ont été incluses. Les risques relatifs (RR) ou les odds ratios (OR) ont été obtenus par méta-analyse à effet aléatoire. Les analyses ont été regroupées par type d’évaluation de l’exposition, dans le but d’évaluer si l’hétérogénéité observée entre les études pouvait s’expliquer par des différences dans la façon dont l’exposition avait été déterminée. Vingt études ont été incluses dans la méta-analyse.

Dans l’ensemble, les études font état d’un risque légèrement plus élevé de SLA chez les personnes exposées à des niveaux élevés de CM-EBF, avec un RR (sRR) de 1,14 (IC à 95 % : 1,00-1,30) et chez les travailleurs du secteur électrique de (sRR) 1,41, IC 1,05-1,92), mais avec une grande hétérogénéité entre les études (I2 > 70 %). Les analyses menées sur base de l’exposition autodéclarée ou des informations professionnelles reprises dans les certificats de décès n’ont pas mis en évidence un risque accru. Les analyses ont montré que les personnes ayant été exposées aux niveaux les plus élevés sur une plus longue période avaient un risque accru de SLA, mais uniquement dans les études ayant tenu compte de l’ensemble des antécédents professionnels et pas dans celles n’ayant considéré que ponctuellement l’exposition professionnelle (p. ex., à partir des résultats de recensement) ; le sRR était de 1,89 (IC 1,31-2,73, I2 0%) et 1,06 (IC 0,75-1,57, I2 76%), respectivement.

Conclusions : Dans cette méta-analyse, on a observé un risque accru de SLA chez les travailleurs exposés professionnellement au CM-EBF. Les résultats des études dépendaient de la qualité de l’évaluation de l’exposition.

OCCUPATIONAL EXPOSURE TO EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELD AND RISK OF ALZHEIMER DISEASE: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Exposition professionnelle aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses et risque de maladie d’Alzheimer : Revue systématique de la littérature et méta-analyse.]
Jalilian H, Teshnizi SH, Röösli M, Neghab M.
Neurotoxicology. 2017 Dec 23. pii: S0161-813X(17)30239-5.

On parle d’exposition professionnelle aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) chez les soudeurs, les travailleurs des entreprises de production et de transport de l’électricité, les conducteurs de train et les ouvriers travaillant sur machines à coudre, par exemple. Certaines données indiquent que l’exposition aux CM-EBF est un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. Les auteurs ont mené une revue systématique de la littérature et ont effectué une méta-analyse pour évaluer le risque de maladie d’Alzheimer chez les travailleurs exposés aux CM-EBF.

En novembre 2017, une revue de littérature a été menée dans les bases de données bibliographiques, notamment PubMed, EMBASE, Cochrane Library et Web of Science. Le risque de biais a été évalué dans toutes les études incluses. L’évaluation globale a été réalisée à l’aide d’une méta-analyse des effets aléatoires. De plus, les sources d’hétérogénéité entre les études et les biais de publication ont été explorés.

Au total, 20 articles répondaient aux critères d’inclusion. Les résultats regroupés suggèrent un risque accru de maladie d’Alzheimer (RR: 1,63; IC à 95 %: 1,35-1,96). Des estimations de risque plus élevées ont été relevées dans les études cas-témoins (RC: 1,80; IC à 95 %: 1,40,2,32) plutôt que dans les études de cohortes (RR: 1,42; IC à 95 %: 1,08,1,87). Une hétérogénéité modérée à élevée (I2 = 61,0 %) et une indication de biais de publication (test d’Egger: p <. 001) ont été relevées.

Conclusions : Les résultats suggèrent que l’exposition professionnelle au CM-EBF pourrait accroître le risque de maladie d’Alzheimer. Toutefois, cette conclusion doit être interprétée avec prudence étant donné l’hétérogénéité modérée à élevée et l’indication d’un biais de publication.

 OCCUPATIONAL EXPOSURE TO EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND RISK OF ALZHEIMER DISEASE: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Exposition professionnelle aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences et risque de maladie d’Alzheimer : un examen systématique et une méta-analyse]
Jalilian H, Teshnizi SH, Röösli M, Neghab M.
Neurotoxicology. 2018 Dec;69:242-252.

Certaines données suggèrent que l’exposition aux CM-EBF est un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer (MA). Cette étude vise à passer systématiquement en revue la littérature et à effectuer une méta-analyse pour évaluer le risque de MA chez les travailleurs exposés au CM-EBF. En novembre 2017, des recherches ont été effectuées dans des bases de données bibliographiques, notamment PubMed, EMBASE, Cochrane Library et Web of Science. Le risque de biais a été évalué dans toutes les études incluses. Les estimations regroupées ont été obtenues au moyen d’une méta-analyse des effets aléatoires. De plus, les sources d’hétérogénéité entre les études et les biais de publication ont été explorés. Au total, 20 articles répondaient aux critères d’inclusion. Les résultats regroupés suggèrent un risque accru de MA (RR : 1,63 ; IC à 95 % : 1,35, 1,96). Des estimations du risque plus élevées ont été montrées dans les études cas-témoins (RC : 1,80 ; IC à 95 % : 1,40, 2,32) par rapport aux études de cohorte (RR : 1,42 ; IC à 95 % : 1,08, 1,87). Une hétérogénéité modérée à élevée (I2 = 61,0 %) et une indication de biais de publication (test d’Egger : p < 0,001) ont été observées.

Conclusions : Les résultats suggèrent que l’exposition professionnelle au CM-EBF pourrait augmenter le risque de MA. Toutefois, cette hypothèse doit être interprétée avec prudence étant donné l’hétérogénéité modérée à élevée et l’indication d’un biais de publication.

DO ELECTROMAGNETIC FIELDS ENHANCE THE EFFECTS OF ENVIRONMENTAL CARCINOGENS?
[Les champs électromagnétiques augmentent-ils les effets de carcinogènes environnementaux ?]
Juutilainen J .
Radiat Prot Dosimetry. 2008; 132: 228-231.

Des études épidémiologiques ont rapporté une augmentation du risque de leucémie chez les enfants qui sont exposés à des champs magnétiques (CM) de très basses fréquences (TBF), ce qui suggère que les TBF pourraient être carcinogènes pour l’homme. Aucun effet carcinogène n’a été mis en évidence dans les études sur les animaux qui ont testé les CM TBF de manière isolée. Les études de génotoxicité n’ont généralement pas non plus permis de mettre en avant des effets des CM TBF seuls. Toutefois, il a été montré dans quelques études sur les animaux et dans plusieurs études in vitro que les CM TBF pouvaient renforcer les effets des agents carcinogènes ou mutagènes connus.

Cet article s’intéresse aux résultats des études sur ces effets combinés. La majorité des études in vitro ont indiqué des résultats positifs, ce qui confirme la conclusion d’une interaction entre les CM de 100 microT ou plus et d’autres agents chimiques et physiques.

Des études ultérieures devraient porter sur les mécanismes biophysiques et la relation dose-réponse en dessous de 100 microT. Les études chez l’animal destinées à explorer les pistes classiques de l’initiation/promotion pourraient ne pas être suffisantes pour approfondir l’évaluation des co-carcinogènes des CM, et d’autres études utilisant de nouveaux modèles seraient utiles.

Conclusion: Les données épidémiologiques sur l’interaction entre les CM et d’autres agents sont rares et peu concluantes, et d’autres études pourraient être délicates en raison de la rareté des sujets présentant des expositions combinées appropriées.

DO EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELDS ENHANCE THE EFFECTS OF ENVIRONMENTAL CARCINOGENS? A META-ANALYSIS OF EXPERIMENTAL STUDIES.
[Les champs magnétiques de fréquences extrêmement basses augmentent-ils les effets de carcinogènes présents dans l’environnement ? Une méta-analyse des études expérimentales.]
Juutilainen J., Kumlin T., Naarala J.
Int J Radiat Biol. 2006; 82 :1-12.

Cet article est une méta-analyse réunissant les données d’études in vitro et à court terme sur l’animal qui ont étudié les effets combinés des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses avec des carcinogènes connus ou d’autres agents physiques ou chimiques toxiques. Les données ont été analysées en réalisant une comparaison systématique des
caractéristiques des études positives et négatives, afin de révéler un possible modèle cohérent.

La majorité des études revues sont positives, suggérant que les champs magnétiques interagissent vraiment avec d’autres expositions physiques ou chimiques. Le biais de publication est peu probablement à même d’expliquer les résultats. Il est intéressant de noter qu’une relation « dose-réponse » non linéaire aété trouvée, avec un pourcentage très faible d’études positives pour des champs entre 1 et 3mT. Le mécanisme des pairs de radicaux (effets du champ magnétique sur la recombinaison des radicaux libres (en pairs de radicaux)) est un bon candidat comme mécanisme explicatif de la relation dose-réponse biphasique observée dans la présente analyse.

Conclusion: La plupart des études analysées ont utilisé des champs magnétiques de 100 microT ou plus, ce qui fait que les résultats ne sont pas directement pertinents pour expliquer les résultats des études épidémiologiques qui suggérent une augmentation du risque de leucémie infantile au delà de 0.4 microT. Toutefois, des effets négatifs confirmés, même à des intensités supérieures à 100 microT, devraient avoir des retombées sur l’évaluation et la gestion du risque, en incluant la nécessité de reconsidérer les limites d’exposition aux champs magnétiques. Il existe un besoin évident d’études analysant plus avant les effets combinés avec les champs magnétiques.

RECENT ADVANCES IN RESEARCH RELEVANT TO ELECTRIC AND MAGNETIC FIELD EXPOSURE GUIDELINES.
[Avancées récentes dans les recherches importantes pour les recommandations liées à l’exposition aux champs électriques et magnétiques.]
Kavet R , Bailey WH , Bracken TD , Patterson RM .
Bioelectromagnetics. 2008; 29: 499-526.

Les limites d’exposition aux champs électriques et magnétiques et aux courants de contact de fréquences extrêmement basses, reprises comme recommandations optionnelles ou normes par plusieurs organisations dans le monde entier, sont conçues pour minimiser les risques de stimulation nerveuse. Les limites, c’est-à-dire ce à quoi nous nous référons en tant que recommandations, proviennent des “restrictions de base”, qui prennent comme référence non seulement les champs électriques ou la densité de courant dans les tissus, mais également l’évitement d’interactions désagréables ou surprenantes qui peuvent survenir lors d’une décharge par étincelles ou d’un courant de contact. En outre, les recommandations spécifient des niveaux admissibles plus faibles pour le grand public que pour les expositions dans des environnements contrôlés, ce qui implique le plus souvent le milieu professionnel. En 2001, les auteurs ont publié une mise à jour des recommandations scientifiques. Ce document porte sur les résultats les plus récents qui sont pertinent dans la formulation et la mise en œuvre de la prochaine génération de recommandations. Le document traite des seuils de neurostimulation et de la pertinence des magnétophosphènes dans la mise en place des recommandations ; de la dosimétrie associée aux courants de contact comparés aux restrictions de base ; de la dosimétrie tissulaire et cellulaire à partir des décharges par étincelle ; de l’évaluation des expositions à des champs électriques élevés dans des situations réalistes (par exemple, le travailleur de ligne sur un pylône électrique) ; d’une approche simplifiée de l’évaluation du champ magnétique dans des conditions de champs magnétiques non uniforme ; et d’une approche quantitative de la mesure de l’exposition en milieu professionnel afin d’en évaluer la conformité.

PUBLIC HEALTH IMPACT OF EXTREMELY LOW-FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS.
[Impact sur la santé publique des champs électromagnétiques de fréquence extrêmement basse.]
Kheifets L., Afifi A.A., Shimkhada R.
Environ Health Perspect. 2006 ;114 :1532-1537.

L’association entre l’exposition aux champs électriques et magnétiques de fréquence extrêmement basse (ELF) et la leucémie infantile a entraîné la classification des champs magnétiques comme « carcinogènes possibles pour l’homme » par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Cette association est considérée comme l’effet critique dans l’évaluation du risque. Créer une politique efficace en gardant à l’esprit l’étendue de l’exposition et les valeurs incontestées de sécurité et de fiabilité de l’électricité pour la société, ainsi que les aspects économiques, est difficile et requière des estimations de l’impact potentiel sur la santé publique et des incertitudes associées.

Bien qu’une relation de cause à effet entre les champs magnétiques et la leucémie infantile n’a pas été établie, les auteurs présentent des estimations de l’impact possible sur la santé publique en utilisant des fractions attribuables afin de fournir des données potentiellement utiles à l’analyse politique selon différents scénarii. En utilisant les distributions d’exposition aux ELF de différents pays et les relations dose-réponse de deux analyses groupées, les auteurs ont calculé des estimations des fractions attribuables (AF) et des cas attribuables par pays et au niveau mondial.

Bien qu’en grande partie hypothétique, ils trouvent que les AF restent sous les 10%, avec des estimations ponctuelles allant de <1% à environ 4%. Pour les petits pays avec des faibles expositions, le nombre de cas attribuables est inférieur à 1 cas additionnel par an. Mondialement, la fourchette va de 100 à 2400 cas peut-être attribuables à l’exposition aux ELF.

Conclusion : la proportion de cas de leucémie infantile peut-être attribuable à l’exposition aux ELF à travers le globe semble être faible. Il reste toutefois un nombre d’incertitudes dans ces estimations de AF, particulièrement au niveau des distributions de l’exposition.

POOLED ANALYSIS OF RECENT STUDIES ON MAGNETIC FIELDS AND CHILDHOOD LEUKAEMIA.
[Analyse poolée des études récentes centrées sur les champs magnétiques et la leucémie infantile.]
Kheifets L, Ahlbom A, Crespi CM, Draper G, Hagihara J, Lowenthal RM, Mezei G, Oksuzyan S, Schüz J, Swanson J, Tittarelli A, Vinceti M, Wunsch Filho V.
Br J Cancer. 2010; 103(7): 931-932.

Des analyses poolées antérieures ont mis en avant une association entre les champs magnétiques et la leucémie infantile. Les auteurs présentent une analyse poolée basées sur les données primaires des études publiées après 2000 sur les champs magnétiques résidentielles et la leucémie infantile. Sept études rassemblant 10 865 cas et 12 853 contrôles ont été incluses. L’analyse principale est centrée sur les mesures résidentielles de champs magnétiques sur 24h ou sur les champs calculés.

Dans les résultats combinés, les risques augmentaient avec l’augmentation de l’exposition, mais les estimations étaient imprécises. Les odd ratio pour les catégories d’exposition de 0.1 à 0.2 µ T, 0.2 à 0.3 µ T et =0.3 µ T, comparées à la catégorie <0.1 µ T, étaient respectivement de 1.07 (95% CI 0.81-1.41), 1.16 (0.69-1.93) et 1.44 (0.88-2.36). Sans l’étude la plus influente, celle du Brésil, les OR sont légèrement supérieurs. Une tendance à la hausse a également été suggérée par une analyse non paramétrique menée en utilisant un modèle additif généralisé.

Conclusion: Ces résultats sont en accord avec les analyses poolées précédentes montrant une association entre les champs magnétiques et la leucémie infantile. Dans l’ensemble, l’association est plus faible dans la plupart des études récemment menées, mais ces études sont de petite taille et pèchent par l’absence des améliorations méthodologiques nécessaires à la résolution de l’apparente association. Les auteurs concluent que les études récentes sur les champs magnétiques et la leucémie infantile ne modifient pas l’évaluation précédente selon laquelle les champs magnétiques seraient peut-être cancérogènes.

A POOLED ANALYSIS OF EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND CHILDHOOD BRAIN TUMORS.
[Une analyse poolée des champs magnétiques de fréquence extrêmement basse et des tumeurs cérébrales infantiles.]
Kheifets L, Ahlbom A, Crespi CM, Feychting M, Johansen C, Monroe J, Murphy MF, Oksuzyan S, Preston-Martin S, Roman E, Saito T, Savitz D, Schüz J, Simpson J, Swanson J, Tynes T, Verkasalo P, Mezei G.
Am J Epidemiol. 2010; 172(7): 752-761.

Les analyses poolées peuvent donner une idée de l’étiologie des associations entre exposition et maladie. Contrairement à la leucémie infantile, aucune analyse poolée des tumeurs cérébrales infantiles et de l’exposition aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (CM-EBF) n’a été menée. Les auteurs ont réalisé une analyse poolée basée sur les données primaires (1960-2001) de 10 études portant sur l’exposition aux CM-EBF et les tumeurs cérébrales infantiles, afin d’évaluer si les résultats combinés, ajustés pour des facteurs confondants potentiels, indiquaient une telle association. Les odd ratio des tumeurs cérébrales infantiles dans les catégories d’exposition aux CM-EBF de 0.1-<0.2 µ T, 0.2-<0.4 µ T, et =0.4 µ T étaient de 0.95 (95% intervalle de confiance: 0.65, 1.41), 0.70 (95% CI: 0.40, 1.22), and 1.14 (95% CI: 0.61, 2.13), respectivement, en comparaison avec la catégorie <0.1 µ T.

D’autres analyses utilisant des valeurs-seuil alternatives, des ajustements additionnels pour les facteurs confondants, l’exclusion de certaines études, la stratification par type de mesure ou le type de résidence, et une estimation non paramétrique de la relation exposition-réponse n’a pas révélé de preuves cohérente d’un risque accru de tumeurs cérébrales infantiles associées à l’exposition aux CM-EBF.

Conclusion: Ces résultats apportent peu d’indication d’une association entre l’exposition aux CM-EBF et les tumeurs cérébrales infantiles.

EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND HEART DISEASE.
[Champs magnétiques de fréquences extrêmement basses et maladie cardiaque].
Kheifets L, Ahlbom A, Johansen C, Feychting M, Sahl J, Savitz D.
Scand J Work Environ Health. 2007; 33 : 5-12.

L’hypothèse basée sur la biologie selon laquelle les champs magnétiques augmentent le risque de maladies en relation avec l’arythmie cardiaque et l’infarctus aigu du myocarde (mais pas des maladies cardiovasculaires chroniques) a été initialement mise en avant par les résultats d’une étude épidémiologique. Des taux élevés de maladies cardiovasculaires et l’exposition relativement courante aux champs magnétiques en ont fait une importante question de santé publique. La plupart des études épidémiologiques qui ont suivi n’ont pas montré d’effet. Dans cet article, les auteurs présentent les bases de cette hypothèse et des études épidémiologiques l’ayant testée.

Conclusion: Ils concluent que les indications vont contre une relation causale entre l’exposition aux champs électriques et magnétiques et les maladies cardiovasculaires. Ce travail constitue une étude de cas intéressante d’une investigation scientifique résolue avec succès malgré les nombreuses difficultés méthodologiques inhérentes à la recherche sur des expositions environnementales de faible intensité.

FUTURE NEEDS OF OCCUPATIONAL EPIDEMIOLOGY OF EXTREMELY LOW FREQUENCY ELECTRIC AND MAGNETIC FIELDS: REVIEW AND RECOMMENDATIONS.
[Besoins futurs en matière d’épidémiologie sur les champs électrique et magnétique d’extrêmement basses fréquences en milieu professionnel: revue de la littérature et recommandations.]
Kheifets L, Bowman JD, Checkoway H, Feychting M, Harrington JM, Kavet R, Marsh G, Mezei G, Renew DC, van Wijngaarden E.
Occup Environ Med. 2009; 66 : 72-80.

La littérature épidémiologique sur les relations entre la santé et les champs électrique et magnétique de fréquences extrêmement basses (CEM) en milieu professionnel comprend un grand nombre d’études de méthodologie et de qualité variables, et qui se sont intéressés à beaucoup d’aspects de la santé, dont différents cancers, les maladies cardiovasculaires, la dépression et le suicide, et les maladies neuro-dégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la sclérose amyotrophique latérale (ALS). Lors d’une conférence en 2006, les auteurs ont présenté une revue de la littérature de l’exposition professionnelle aux CEM en mettant l’accent sur les faiblesses méthodologiques et ont proposé des solutions analytiques pour résoudre certaines d’entre elles. Ils ont également développé des priorités en matière de recherche qui, ils l’espèrent, permettront de résoudre les incertitudes restantes. D’une manière générale, les grandes recherches épidémiologiques menées ces 20 dernières années sur l’exposition professionnelle aux CEM ne montrent pas d’associations fortes et cohérentes avec le cancer ou d’autres affections. Des résultats incohérents pour beaucoup de ces affections pourraient être attribuables aux nombreuses limites des études, particulièrement en matière d’évaluation de l’exposition. Toutefois, il n’existe aucune corrélation évidente entre la qualité de l’évaluation de l’exposition et les associations observées. Néanmoins, les priorités les plus importantes pour les recherches ultérieures sont dans les domaines de l’évaluation de l’exposition et de l’analyse de l’ALS. Afin de mieux évaluer l’exposition, les auteurs insistent sur l’intérêt du développement d’une matrice plus complète de l’exposition professionnelle qui tienne compte à la fois de l’intitulé de la fonction professionnelle, de l’environnement de travail et des tâches, et d’un index d’exposition aux champs électriques, aux champs magnétiques, aux décharges électriques, aux courants de contact et à d’autres agents chimiques et physiques. Pour l’ALS, ils proposent une étude internationale collaborative qui serait en mesure de donner un éclairage sur l’association rapportée avec les professions électriques en éclaircissant le rôle potentiel des chocs électriques, des champs magnétiques et des biais. Une telle étude pourrait potentiellement conduire à des mesures basées sur les faits (evidence-based) afin d’assurer la protection de la santé publique.

EXTREMELY LOW FREQUENCY ELECTRIC FIELDS AND CANCER: ASSESSING THE EVIDENCE.
[Champs électriques de fréquence extrêmement basse et cancer: Evaluation des indications.]
Kheifets L, Renew D, Sias G, Swanson J.
Bioelectromagnetics. 2010; 31: 89-101.

La plupart des recherches et revues de littérature sur les champs électriques et magnétiques de fréquence extrêmement basse (EBF) se sont centrées sur les champs magnétiques, plutôt que sur les champs électriques. Certains considèrent qu’un tel choix n’est pas approprié et que les champs électriques devraient être inclus dans les travaux épidémiologiques et de laboratoire. Cet article comble le vide en analysant de manière systématique et critique la littérature sur les champs électriques et en comparant la force globale des indications en faveur des champs électriques à celle en faveur des champs magnétiques.

La revue de littérature des mécanismes possibles n’apporte pas de fondements spécifiques supportant l’intérêt de se centrer sur les champs électriques. Les études en laboratoire sur les champs électriques sont peu nombreuses, mais elles n’apportent pas d’indications montrant que les champs électriques pourraient être le paramètre d’exposition d’intérêt. Les études épidémiologiques centrées sur les expositions résidentielles aux champs électriques et l’utilisation d’appareils électroménagers ne supportent pas la thèse d’un effet négatif sur la santé lié à l’exposition au champ électrique. Les personnes travaillant à proximité des lignes à haute tension ou des équipements de sous station peuvent être exposés à des champs électriques élevés. Bien qu’il existe des rapports sporadiques d’une augmentation de cancers dans quelques études sur l’exposition professionnelle, elles sont peu cohérentes et chargées de problèmes méthodologiques.

Conclusion: D’une manière globale, les fondements de l’existence d’un risque lié aux champs électriques semblent faibles et, contrairement aux champs magnétiques, et avec une exception possible des études épidémiologique en milieu professionnel, poursuivre les recherches sur les champs électriques semble peu fondé.

COMPARATIVE ANALYSES OF STUDIES OF CHILDHOOD LEUKEMIA AND MAGNETIC FIELDS, RADON AND GAMMA RADIATION.
[Analyses comparatives des études sur la leucémie infantile et les champs magnétiques, le radon et le rayonnement gamma.]
Kheifets L, Swanson J, Yuan Y, Kusters C, Vergara X.
J Radiol Prot. 2017; 37(2):459-491.

Dans cet article, les auteurs ont comparé les résultats des études épidémiologiques analysant la leucémie infantile en relation avec les champs magnétiques EBF et/ou l’éloignement des lignes à haute tension, et l’exposition au radon et au rayonnement gamma ou l’éloignement des centrales nucléaires. De nombreux aspects méthodologiques sont communs entre les études des radiations non ionisantes (c’est-à-dire CM-EBF) et ionisantes. Une recherche et une analyse systématiques des études menées sur plus d’un type d’exposition ont permis d’identifier 33 articles clés et 35 articles supplémentaires provenant de dix pays, inclus dans cette revue. En analysant les études qui ont étudiés plusieurs types d’exposition et en comparant les similitudes et les différences entre les différents rayonnements, et grâce à l’utilisation de graphes orientés acycliques, les auteurs ont évalué dans quelle mesure les biais, les facteurs confondants et d’autres problèmes méthodologiques pourraient intervenir dans ces études. Une indication de biais a été trouvée, bien que les résultats ne soient pas parfaitement clairs.

Conclusions : Il y a peu de preuves d’une influence importante des facteurs confondants sur les résultats. L’influence de la mobilité résidentielle sur la conduite et l’interprétation des études est complexe et peut se manifester comme un biais de sélection, un facteur confondant, une erreur de mesure ou pourrait aussi constituer un facteur de risque potentiel. D’autres facteurs associés à la distance aux lignes électriques et aux centrales nucléaires devraient faire l’objet d’une enquête. Un rapport plus complet et cohérent des résultats dans les études futures permettra une comparaison plus instructive entre les études et l’intégration des résultats.

CHAMPS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES DE TRÈS BASSE FRÉQUENCE: IL EST TEMPS D’ÊTRE RAISONNABLE ?
Lambrozo J, Plante M.
Environ Risque Santé 2014; 13,6:440-444.

Voir le texte complet.

En résumant brièvement les origines de la question de la dangerosité de CEM, les auteurs notent que contrairement à beaucoup d’autres facteurs de risque comme le tabac et l’amiante, qui ont été relevés suite à des observations cliniques, les CEM ont été mis en évidence par l’étude exploratoire de Wertheimer et Leeper qui cherchaient des points communs entre les familles d’enfants atteints de leucémie. Certaines études ultérieures de la leucémie infantile et les lignes électriques ont montré un risque pour des niveaux d’exposition supérieurs à 0,3-0,4 µT, mais les auteurs de demander: “Avons-nous vraiment répondu à la question?”

Ils soulignent d’abord les difficultés de déterminer l’exposition. Les codes de câblage, la distance par rapport aux lignes électriques, et des mesures de champs ont été utilisés. En outre, l’évaluation de l’exposition doit prendre en compte le début de la première exposition, sa durée, son intensité et ses variations temporelles. Les études ont eu notamment recours à la moyenne géométrique, à la médiane et à la moyenne arithmétique. Finalement, en l’absence d’effet biologique validé, aucun paramètre d’exposition ne s’impose.

Les biais posent également question. Les erreurs de classification entre populations exposées et non exposées, les biais de sélection, notamment des témoins, de publication, ou la non-prise en compte de facteurs de confusion (que l’on ne connaît pas toujours) contribuent à affaiblir la portée des résultats.
Les auteurs soulèvent plusieurs autres questions liées à la recherche sur les champs électromagnétiques de faible intensité.

Tout d’abord, les champs ont été mentionnés en relation avec différents types de cancer présentant différents types de mécanismes, ainsi que les maladies neurodégénératives, les maladies cardiovasculaires, la dépression, le suicide, les troubles de la fertilité et une hypersensibilité.

En deuxième lieu, l’exposition à la plupart des agents chimiques ou physiques connus pour être carcinogènes humains produisent un effet toxique, une irritation chronique préliminaire (dommages aux cellules) avant l’apparition de la tumeur, par exemple, la bronchite du fumeur chronique avant le cancer bronchique, le vieillissement de la peau avant le cancer de la peau (rayons UV), l’irritation des voies respiratoires avant le cancer dû à la formaline, les plaques pleurales et la fibrose avant le mésothéliome pleural dû à l’amiante, et les brûlures avant le cancer de la peau des rayonnements ionisants. Aucun effet préliminaire n’a été associé à l’exposition aux CEM.

Troisièmement, dans les études de laboratoire, les animaux exposés pendant toute la durée de leur vie n’ont pas permis de mettre en évidence une initiation ou promotion de la tumeur, ou tout effet sur la consommation alimentaire, le poids, ou le comportement.

Et enfin, aucun mécanisme d’action n’a été démontré. Ce mécanisme permettrait d’expliquer comment la faible énergie délivrée par les CEM serait susceptible de causer des dommages biologiques.

Dans les derniers paragraphes de l’article, les auteurs reprennent les critères de Hill et se demandent s’ils ont été respectés.

Conclusions: Les auteurs concluent qu’après 30 ans de travail, seuls les résultats des études épidémiologiques mettent en avant un risque accru mais ce dernier est de moins en moins probable. Ils conviennent que ce travail de recherche était nécessaire car il est de la responsabilité de l’industrie de l’énergie électrique et des pouvoirs publics d’assurer la sécurité publique.

CHILDHOOD LEUKEMIA NOT LINKED WITH ELF MAGNETIC FIELDS.
[La leucémie infantile n’est pas liée aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences]
Leitgeb N.
Journal of Electromagnetic Analysis and Applications 2014; 6(7):174-183.

La question d’un lien causal entre les champs magnétiques (CM) d’extrêmement basses fréquences (EBF) et la leucémie infantile est posée depuis près de 40 ans. Les résultats des études épidémiologiques ont montré qu’une telle association pouvait être plausible et ont conduit le CIRC à classer les CM-EBF dans le groupe 2B, c.à.d. peut-être cancérigènes. Malgré les nombreuses études épidémiologiques et méta-analyses disponibles, la situation est restée inchangée. Par une nouvelle approche de regroupement de toutes les données épidémiologiques, cet article montre qu’il est possible de dégager une conclusion convaincante qui explique les résultats controversés et apporte des réponses à des faits interpellants comme par exemple l’indépendance entre les résultats des études épidémiologiques sur la leucémie infantile et la source de champs ou des métriques d’exposition.

Conclusions: L’analyse a révélé que l’hypothèse d’un lien causal entre l’exposition aux CM-EBF et la leucémie infantile n’est plus plausible et donc que la classification dans le groupe 2B a besoin d’être révisée.

EXPOSURE TO POWER-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND THE RISK OF INFERTILITY AND ADVERSE PREGNANCY OUTCOMES: UPDATE ON THE HUMAN EVIDENCE AND RECOMMENDATIONS FOR FUTURE STUDY DESIGNS.
[Exposition aux champs magnétiques à la fréquence du réseau et risque d’infertilité et d’issues indésirables de grossesse: Actualisation des données et recommandations pour les études futures.]
Lewis RC, Hauser R, Maynard AD, Neitzel RL, Wang L, Kavet R, Meeker JD.
J Toxicol Environ Health B Crit Rev. 2016;19(1):29-45.

L’infertilité et les issues indésirables de grossesse sont des problèmes importants de santé publique de prévalence mondiale. Ces 35 dernières années, la recherche a abordé la question du rôle de l’exposition aux champs magnétiques à la fréquence du réseau. Toutefois, aucune revue rigoureuse de la littérature scientifique n’a été publiée depuis près de 15 ans.

Cette revue de littérature apporte une vue d’ensemble et une analyse critique des études chez l’homme qui ont été publiées dans des revues scientifiques avec comité de lecture entre 2002 et juillet 2015. A l’aide de PubMed, 13 études épidémiologiques centrées sur l’exposition aux champs magnétiques et des effets indésirables en prénatal (par exemple fausses-couches), en néonatal (par exemple naissance prématurée ou malformations congénitales) et au niveau de la fertilité masculine (par exemple sperme de mauvaise qualité) ont été identifiées. Certaines de ces études rapportent des associations alors que d’autres non. Des limites dans la conception des études pourraient expliquer ces incohérences. De nouvelles études doivent être conçues en tenant compte de ces limites afin de combler les lacunes. En particulier, les questions suivantes sont discutées : (1) importance de sélectionner la population appropriée, (2) besoin de prendre en compte des facteurs de confusion liés à une activité physique non mesurée, (3) importance de minimiser les biais d’information liés à une erreur de mesure de l’exposition, (4) utilisation de différents métriques d’exposition aux champs magnétiques et (5) implications et applications des données personnelles d’exposition corrélées dans les couples hommes-femmes.

Conclusions : Etant donné la quasi omniprésence des champs magnétiques à la fréquence du réseau, des recherches épidémiologiques supplémentaires sont nécessaires.

GENETIC DAMAGE IN HUMANS EXPOSED TO EXTREMELY LOW-FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS.
[Dommages génétiques chez des hommes exposés aux champs électromagnétiques d’extrêmement basses fréquences.]
Maes A, Verschaeve L.
Arch Toxicol. 2016;90(10):2337-2348.

La classification des champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) par le Centre International de Recherche sur le Cancer dans le groupe des cancérogènes possibles chez l’homme (groupe 2B) est principalement basée sur des résultats épidémiologiques montrant une association entre l’exposition aux champs magnétiques et la leucémie infantile. Malgré de nombreuses études in vitro et in vivo, des liens causals ne sont pas établis actuellement. Cependant, des études de biosurveillance cytogénétique chez l’homme qui ont été menées dans le passé montrent des résultats essentiellement positifs, c’est-à-dire des lésions cytogénétiques accrues dans les lymphocytes du sang périphérique ou les cellules buccales de sujets exposés aux CM-EBF. Ceci est important étant donné le lien établi entre les lésions cytogénétiques observées dans les cellules et un risque accru de cancer. Les auteurs ont mené une évaluation des recherches publiées et ont constaté que bon nombre d’études présentent clairement des lacunes qui empêchent souvent toute conclusion ferme.

Conclusions : En fait, il y a des raisons de croire que les effets ne sont pas si impressionnants. Toutefois, la totalité des études ne saurait être simplement ignorée, ce qui justifie la prudence et l’application, dans une certaine mesure, du principe de précaution.

A LITERATURE REVIEW: THE CARDIOVASCULAR EFFECTS OF EXPOSURE TO EXTREMELY LOW FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS.
[Une revue de la littérature des effets cardiovasculaires de l’exposition aux champs électromagnétiques de fréquences extrêmement basses.]
McNamee DA , Legros AG , Krewski DR , Wisenberg G , Prato FS , Thomas AW .
Int Arch Occup Environ Health. 2009; 82(8):919-933.

Les effets de l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM) de fréquences extrêmement basses (EBF) sur les paramètres cardiovasculaires humains restent mal connus. Des études épidémiologiques ont réalisé des estimations dosimétriques de l’exposition des employés sur leur lieu de travail en utilisant l’altération de la variabilité du rythme cardiaque (VRC) comme indicateur de certaines pathologies cardiaques. Des études en laboratoire se sont concentrées sur des indicateurs microcirculatoires, tels que la fréquence cardiaque, la VRC et la pression sanguine. Peu d’études ont été menées sur la réponse du système microcirculatoire à l’exposition aux CEM. Les essais de réplication des études épidémiologiques et de laboratoire ont été pour la plupart un échec, étant donné la méthodologie des études, la petitesse des échantillons de population et la présence de facteurs de confusion qui ont gêné les progrès à ce jour. L’identification de ces problèmes, dans le contexte actuel de la réévaluation des directives internationales d’exposition, est essentielle pour les études futures dans le domaine des CEM. Ces études devraient examiner les possibles effets néfastes sur la santé des CEM ainsi que la détection et la caractérisation des changements physiologiques subtils qu’ils pourraient induire. Parmi les recommandations pour les études futures, les auteurs relèvent l’investigation de la relation entre la micro et la macro circulation et l’utilisation d’écrans géomagnétiques de laboratoire.

IS THERE A RELATION BETWEEN EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELD EXPOSURE, INFLAMMATION AND NEURODEGENERATIVE DISEASES? A REVIEW OF IN VIVO AND IN VITRO EXPERIMENTAL EVIDENCE.
[Existe-t-il une relation entre l’exposition aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses, l’inflammation et les maladies neurodégénératives ? Une revue des études expérimentales in vivo et in vitro.]
Mattsson MO, Simkó M.
Toxicology. 2012; 301:1-12.

Les conséquences possibles sur la santé de l’exposition aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses (CM-EBF) ont été beaucoup analysées ces dernières décennies. Parmi les sujets de préoccupations, on trouve les maladies neuro-dégénératives (MND), les études épidémiologiques ayant suggéré un lien entre l’exposition aux CM et la maladie d’Alzheimer (AD).

Cette revue se centre sur les études sur les animaux et au niveau cellulaire qui ont utilisés les expositions aux CM-EBF pour vérifier l’existence ou non d’un mécanisme d’action qui permettrait d’établir un lien de causalité entre MND et l’exposition aux CM. L’hypothèse de base est la suivante : l’exposition aux CM-EBF pourrait promouvoir des processus inflammatoires et donc influencer la progression des MND. Il est difficile de tirer une conclusion ferme à partir des études disponibles car il existe peu d’études expérimentales sur le sujet. Il est d’autant plus difficile de conclure étant donné l’hétérogénéité des études réalisées au niveau, par exemple, de la durée d’exposition, de la densité de flux, des paramètres biologiques, des types cellulaires et du moment de l’étude. Néanmoins, les résultats des études in vivo et in vitro suggèrent que l’exposition à court terme aux CM entraîne un stress oxydatif modéré (augmentation faible des dérivés réactifs de l’oxygène (DRO) et changement des niveaux antioxydants) et active peut-être des processus anti-inflammatoires (diminution des cytokines pro-inflammatoire et augmentation des anti-inflammatoires). Les quelques études qui ont spécifiquement étudié les MND et des paramètres pertinents de MND montrent que l’exposition n’a pas d’effet ou des effets positifs sur la viabilité des neurones et la différenciation. Il manque des études avec des expositions réalistes à long terme. Les conséquences d’un stress oxydatif modéré à long terme ne sont donc pas étudiées.

En résumé, les études expérimentales existantes ne permettent pas de confirmer l’existence d’une relation causale entre l’exposition aux CM et la maladie d’Alzheimer, comme le suggèrent les études épidémiologiques.

SELECTION BIAS AND ITS IMPLICATIONS FOR CASE-CONTROL STUDIES: A CASE STUDY OF MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND CHILDHOOD LEUKAEMIA.
[Les biais de sélection et leurs implications dans les études cas-contrôle : le cas des études sur l’exposition aux champs magnétiques et la leucémie infantile.]
Mezei G., Kheifets L.
Int J Epidemiol. 2006; 35 : 397-406.

En se basant sur l’association épidémiologique entre l’exposition résidentielle aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (CM-EBF) et la leucémie infantile, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC ou IARC en anglais) a classé les CM-EBF dans le groupe des cancérogènes possibles pour l’homme. Etant donné que les études en laboratoire n’ont pas à ce jour apporté de preuves d’une telle association et que la plausibilité biophysique de la carcinogénicité des champs magnétiques est mise en doute, la relation de cause à effet entre la leucémie infantile et l’exposition aux champs magnétiques n’est pas établie. Parmi les explications alternatives, les biais de sélection des études épidémiologiques sur les CM semblent être l’hypothèse la plus plausible. En réalisant une analyse de la littérature épidémiologique sur l’exposition aux CM-EBF et la leucémie infantile, les auteurs ont trouvé des indications pour et contre l’existence des biais de sélection.

Afin d’évaluer leur éventualité, ils ont analysé la relation entre le statut socioéconomique des sujets participants et l’exposition aux CM. Ils ont trouvé que, souvent, la description des processus de sélection était en elle-même biaisée et
incomplète, entraînant des difficultés dans l’interprétation et l’évaluation de biais potentiels. Toutefois, si de tels biais étaient présents, ils auraient des implications importantes dans les études cas-témoins en général.

Les auteurs attirent l’attention sur l’importance d’une meilleure description et sur l’évaluation des biais de sélection potentiels dans les études cas-témoins en général ainsi que sur le développement de nouvelles méthodes de sélection et de recrutement des contrôles.

ARE PATIENTS WITH CARDIAC IMPLANTS PROTECTED AGAINST ELECTROMAGNETIC INTERFERENCE IN DAILY LIFE AND OCCUPATIONAL ENVIRONMENT?
[Les patients avec implants cardiaques sont-ils protégés des interférences électromagnétiques dans leur vie quotidienne et leur environnement professionnel?]
Napp A, Stunder D, Maytin M, Kraus T, Marx N, Driessen S.
Eur Heart J. 2015;36(28):1798-1804.

L’utilisation d’implants cardiaques tels que les pacemakers et les défibrillateurs automatiques implantables est maintenant courante chez les patients souffrant de maladies cardiaques. La complexité technologique toujours croissante de ces appareils va de pair avec une exposition quasi omniprésente aux champs électriques, magnétiques et électromagnétiques (CEM), dans la vie quotidienne et l’environnement professionnel. Comme les interférences électromagnétiques (IEM) sont associées à un risque potentiel pour le fonctionnement des appareils, les médecins sont de plus en plus amenés à gérer des appareils soumis à des IEM intermittentes et une exposition professionnelle chronique.

Conclusions: Cette revue a pour objectif d’apporter des informations actualisées des implants cardiovasculaires électroniques, de leur fonctionnement et sensibilité aux CEM et d’apporter des recommandations aux médecins qui prennent soin de patients dont les appareils implantés sont soumis à des IEM.

MAGNETIC FIELD EXPOSURE AND CHILDHOOD LEUKAEMIA—MOVING THE RESEARCH AGENDA FORWARD.
[Exposition au champ magnétique et leucémie infantile – Faire avancer le programme des recherches.]
Röösli M., Künzli N.
Int J Epidemiol. 2006; 35 : 407-408.

Une association entre la leucémie infantile et l’exposition aux champs magnétiques à la fréquence industrielle (EBF-CM) a été régulièrement décrite dans les revues de littérature de ce domaine de recherche. Néanmoins, la relation reste à démontrer car les risques ont été observés à des niveaux d’exposition où des effets biologiques ne sont pas supposés arriver. Les données des études sur les animaux sont pour la plupart négatives et il manque toujours un mécanisme biologique plausible et reproductible. Les études sur la leucémie à l’âge adulte sur des populations exposées professionnellement aux EBF-CM à des niveaux beaucoup plus élevés sont peu concluantes, bien qu’une tendance vers un risque accru parmi les travailleurs les plus exposés ait été notée par l’ICNIRP (International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection). Donc, le débat est en cours parmi les scientifiques pour savoir si l’association statistique observée entre l’incidence de la leucémie infantile et l’exposition résidentielle aux EBF-CM n’est pas avant tout due à des biais.

Trois sources principales de biais ont été identifiés comme potentiellement importantes dans ce domaine de recherche : les facteurs de confusion, une erreur de classification de l’exposition et les biais de sélection. Il a été montré précédemment que les facteurs de confusion dus à une corrélation inconnue, étiologiquement pertinente avec les niveaux d’ EBF-CM (comme par exemple la densité de trafic) est peu probablement importante dans ce contexte. La classification erronée de l’exposition est probablement non différentielle et devrait entraîner une sous estimation de l’association réelle exposition-réponse.

Le travail de Mezei et Kheifets soutient l’hypothèse que l’association observée entre la leucémie infantile et l’exposition aux champs magnétiques des lignes à haute tension est peu probablement explicable par les biais de sélection.

 A META-ANALYSIS ON RESIDENTIAL EXPOSURE TO MAGNETIC FIELDS AND THE RISK OF AMYOTROPHIC LATERAL SCLEROSIS.
[Méta-analyse de l’exposition résidentielle aux champs magnétiques et le risque de sclérose latérale amyotrophique.]
Röösli M, Jalilian H.
Rev Environ Health. 2018 Jun 6.

La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est causée par la dégénérescence progressive et la mort des neurones moteurs, et son étiologie reste en grande partie inconnue. Certains facteurs de risque ont été suggérés, y compris l’exposition aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF). Cette méta-analyse évalue l’association entre l’exposition résidentielle aux CM-EBF et le risque de SLA. Cinq études ont porté sur le risque de SLA lié aux lignes électriques aériennes. Un risque relatif (RR) de 0,71 [intervalle de confiance (IC) à 95 % : 0,48, 1,07] pour le groupe de population le plus exposé (distance <200 m des lignes électriques haute tension ou > 0,1 μT) a été trouvé. Peu d’hétérogénéité (I2=0,00%, p=0,67) et d’indications de biais de publication (test de P. Begg=0,22 ; test de P. Egger=0,19) ont été observées.

Conclusions : Dans l’ensemble, il n’y avait aucune indication d’une association entre l’exposition résidentielle aux CM-EBF et le risque de SLA, bien que le nombre de cas exposés soit faible.

IDIOPATHIC ENVIRONMENTAL INTOLERANCE ATTRIBUTED TO ELECTROMAGNETIC FIELDS (FORMERLY ‘ELECTROMAGNETIC HYPERSENSITIVITY’): AN UPDATED SYSTEMATIC REVIEW OF PROVOCATION STUDIES.
[Intolérance idiopathique environnementale attribuée aux champs électromagnétiques (précédemment appelée “hypersensibilité électromagnétique”): Une mise à jour systématique de la revue de littérature des études de provocation]
Rubin GJ, Nieto-Hernandez R, Wessely S.
Bioelectromagnetics. 2010; 31: 1-11.

L’intolérance idiopathique environnementale attribuée aux champs électromagnétiques (IEI-CEM, précédemment appelée « hypersensibilité électromagnétique ») est une maladie médicalement non expliquée dans laquelle des symptômes subjectifs sont rapportés suite à l’exposition à des appareils électriques. Dans une précédente revue systématique de la littérature, nous avons analysé 21 études de provocation menée en aveugle où des volontaires IEI-CEM ont été exposés à des champs magnétiques en condition réelle ou simulée et qui ont évalué si les volontaires détectaient ces champs ou s’ils rapportaient des symptômes aggravés lorsqu’ils y étaient exposés. Dans cet article, nous rapportons une mise à jour de cette revue. Une recherche extensive de littérature nous a permis d’identifier 15 nouvelles études. En incluant les études reprises dans notre précédent article, un total de 46 études de provocation en simple ou double aveugle, impliquant 1175 volontaires IEI-CEM, ont testé si l’exposition aux champs électromagnétiques est responsable du déclenchement des symptômes de IEI-CEM. Aucune indication ferme n’a pu être mise en avant pour supporter cette théorie. Toutefois, les études inclues dans la revue de littérature supporte le rôle de l’effet nocebo dans l’apparition des symptômes aigus chez les personnes souffrant d’IEI-CEM.

Conclusion: Malgré le fait que les personnes souffrant de IEI-CEM sont convaincues que leurs symptômes sont déclenchés par l’exposition aux champs électriques et magnétiques, des expérimentations répétées n’ont pas permis de répliquer ce phénomène en condition contrôlée. Une centration des patriciens et des responsables sur les mécanismes bioélectromagnétiques est donc peu susceptible d’aider les patients IEI-CEM sur le long terme.

IMPLICATIONS FROM EPIDEMIOLOGIC STUDIES ON MAGNETIC FIELDS AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA ON PROTECTION GUIDELINES.
[Implications des études épidémiologiques sur les champs magnétiques et le risque de leucémie infantile sur les recommandations en matière de protection.]
Schüz J.
Health Phys. 2007; 92 : 642-648.

L’objectif de cette revue est de discuter l’impact des résultats des études épidémiologiques sur les champs magnétiques et du risque de leucémie infantile sur la définition des limites d’exposition. Un grand nombre d’études épidémiologiques a montré avec constance une association entre le risque de leucémie infantile et les expositions résidentielles aux champs magnétiques de fréquence extrêmement basse. Il n’y a quasiment pas de données qui accréditent cette association dans les études expérimentales et jusqu’ici aucune explication proposée n’a dépassé le stade de la spéculation. Les résultats contradictoires des recherches épidémiologiques et expérimentales peuvent être d’une part la conséquence de limitations méthodologiques des études épidémiologiques qui créent une association erronée ou d’autre part un échec des études expérimentales à prendre en compte les mécanismes d’intérêt dans l’origine complexe de la leucémie infantile.

Considérés globalement, les éléments ne sont pas suffisamment probants pour nécessiter une révision des recommandations actuelles en matière de protection du public. L’application de mesures de précaution pourrait être une possibilité ; toutefois, les décideurs devraient être conscients que ces mesures ne sont pas souvent simples à gérer et une évaluation soignée d’un bénéfice possible doit être réalisée au cas par cas. Il reste sans nul doute des points d’interrogation, des zones d’ombre dans la recherche et aucune contribution substantielle permettant de clarifier les inconsistances apparentes n’émerge des études récentes. Toutefois, il y a d’importantes leçons à tirer d’une part concernant l’étiologie de la leucémie infantile et d’autre part concernant la nécessité d’améliorer les méthodes épidémiologiques pour l’identification d’associations présumées faibles.

EXPOSURE TO ELECTROMAGNETIC FIELDS AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKAEMIA: A REVIEW.
[Exposition aux champs électromagnétiques et risque de leucémie infantile : une revue de la littérature.]
Schüz J , Ahlbom A .
Radiat Prot Dosimetry. 2008;132: 202-211.

Les champs magnétiques de fréquence extrêmement basse ont été classés dans les cancérogènes possibles pour l’homme. Ce classement est principalement basé sur les études épidémiologiques qui montrent de manière récurrente une association entre des niveaux d’exposition aux champs magnétiques en moyenne supérieurs à 0,3/0,4 microT (à long terme) et le risque de leucémie infantile. Aucun mécanisme permettant d’expliquer ce résultat n’a été mis en évidence et aucune preuve d’un lien n’est apportée par les études expérimentales. La chance ou les biais ne peuvent être écartés avec une confiance raisonnable comme explication de l’association observée. Si l’association est causale, elle explique seulement une petite proportion de cas de leucémie infantile. Il existe quelques études de clusters de leucémie infantile à proximité d’antennes radio et TV de puissance élevée en Australie et en Italie. Toutefois, de récentes études systématiques à large échelle en Corée et en Allemagne ne montrent aucune association entre l’exposition aux champs de radiofréquence émis par les antennes de transmission et le risque de leucémie infantile. Des études sur l’utilisation du téléphone mobile et le risque de leucémie chez des adolescents et de jeunes adultes pourraient être indiquées.

EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA: A RISK ASSESSMENT BY THE ARIMMORA CONSORTIUM.
[Champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences et risque de leucémie infantile : Une évaluation des risques par le consortium ARIMMORA.]
Schüz J, Dasenbrock C, Ravazzani P, Röösli M, Schär P, Bounds PL, Erdmann F, Borkhardt A, Cobaleda C, Fedrowitz M, Hamnerius Y, Sanchez-Garcia I, Seger R, Schmiegelow K, Ziegelberger G, Capstick M, Manser M, Müller M, Schmid CD, Schürmann D, Struchen B, Kuster N.
Bioelectromagnetics. 2016 Mar 15.

Les auteurs ont mené une évaluation des risques à partir des données scientifiques publiées avant mars 2015, avec inclusion des nouvelles données du projet « Advanced Research on Interaction Mechanisms of electroMagnetic exposures with Organisms for Risk Assessment (ARIMMORA) ». Le schéma d’évaluation de la monographie du CIRC a été appliqué à l’identification des risques. Dans le projet ARIMMORA, pour la première fois, un modèle de souris transgénique qui imite la leucémie infantile la plus fréquente a été utilisé : de nouveaux mécanismes pathogéniques ont été montrés, mais des données supplémentaires sont nécessaires avant de tirer des conclusions définitives. Bien que les expérimentations sur différentes souches animales aient montré des diminutions des lymphocytes T CD8+ selon l’exposition, son rôle dans la carcinogenèse doit être recherché. Aucun dommage direct à l’ADN lié à l’exposition n’a été observé. D’une manière générale, dans la littérature, on dispose d’éléments limités de cancérogénicité chez l’homme et de données insuffisantes chez les animaux d’expérience, avec seulement des éléments de preuve faibles des études mécanistiques. Les nouvelles données d’exposition d’ARIMMORA confirme que si l’association est malgré tout causale, jusqu’à 2% des leucémies infantiles en Europe pourraient être attribuables aux CM-EBF.

Conclusions : ARIMMORA conclut que la relation entre CM-EBF et la leucémie infantile demeure cohérente avec le classement des CM-EBF comme cancérogène possible chez l’homme. Bien que cette incertitude scientifique ne soit pas satisfaisante pour la science et la santé publique, les nouvelles perspectives liées aux mécanismes d’action obtenues par ARIMMORA apportent des pistes des recherches qui pourraient déboucher sur un changement important dans les évaluations futures.

ELECTROMAGNETIC FIELDS AND EPIDEMIOLOGY: AN OVERVIEW INSPIRED BY THE FOURTH COURSE AT THE INTERNATIONAL SCHOOL OF BIOELECTROMAGNETICS.
[Champs électromagnétiques et épidémiologie: une revue de la littérature inspirée par la quatrième session de « The International School of Bioelectromagnetics ».]
Schüz J, Lagorio S, Bersani F.
Bioelectromagnetics. 2009; 30(7): 5115-24.

La quatrième session de « The International School of Bioelectromagnetics » s’est intéressée à différents aspects de l’épidémiologie de l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM). Dans cette revue de la littérature, inspirée des conférences et des discussions entre les participants, les auteurs résument les connaissances actuelles de l’exposition aux CEM et les risques de maladie, en plaçant l’accent sur les études analysant l’utilisation de la téléphonie mobile et les tumeurs du cerveau, ainsi que l’exposition aux lignes à haute tension et la leucémie infantile. Les sources de biais et d’erreurs entravent la formulation de conclusions fermes dans certains domaines et, afin d’aller plus loin, des améliorations des méthodologies des études et des procédures d’évaluation sont nécessaires. Les indications scientifiques accessibles à ce jour sur les effets possibles à long terme de l’exposition à des champs de fréquences extrêmement basses (EBF) et de radiofréquences (RF) ne sont pas suffisamment robustes pour réviser les normes de protection en vigueur basées sur les effets aigus connus de telles expositions. Des mesures de précaution pourraient être considérées afin de réduire l’exposition des enfants ou l’exposition aux radiofréquences pendant l’utilisation des téléphones mobiles, en gardant à l’esprit qu’il n’est pas certain que ces mesures pourraient entraîner un quelconque bénéfice préventif. Les effets sanitaires possibles de l’utilisation des téléphones mobiles chez les adultes et chez les enfants devraient être étudiés plus avant par des études épidémiologiques prospectives avec amélioration de l’évaluation de l’exposition et les taux d’incidence de tumeurs cérébrales devraient être surveillés. Des études ultérieures sur la relation entre la leucémie infantile et les champs magnétiques EBF seraient utiles si elles se centraient sur des groupes fortement exposés et tentaient de minimiser les biais possibles de sélection.

En conclusion, les études épidémiologiques conduites avec de manière appropriée pourraient jouer un rôle clé dans la mise en avant des réponses.

 ASSOCIATION BETWEEN PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO EXTREMELY LOW FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND CHILDHOOD NERVOUS SYSTEM TUMORS RISK: A META-ANALYSIS.
[Association entre l’exposition professionnelle des parents aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences et le risque de tumeurs du système nerveux de l’enfant : une méta-analyse]
Su L, Zhao C, Jin Y, Lei Y, Lu L, Chen G.
Sci Total Environ. 2018 Nov 15;642:1406-1414.

Des études épidémiologiques précédentes ont suggéré une association entre l’exposition professionnelle des parents aux champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences (CM-EBF) et le risque de tumeurs du système nerveux de l’enfant, mais les résultats n’étaient pas toujours cohérents. Les auteurs ont effectué une méta-analyse d’études cas-témoins et de cohortes pour réévaluer cette association. Les études pertinentes ont été identifiées en consultant les bases de données PubMed et Web of Science ainsi qu’en effectuant une recherche manuelle. Les OR avec un intervalle de confiance (IC) de 95 % ont été regroupés avec un modèle à effets fixes ou à effets aléatoires.

Un total de 22 articles répondant aux critères (21 études cas-témoins et 1 étude de cohorte) ont été inclus dans l’analyse quantitative. Les résultats ont montré que l’exposition professionnelle des parents aux CM-EBF était significativement associée à un risque accru de tumeurs du système nerveux de l’enfant (OR = 1,11, IC 95 % = 1,02-1,21) ; cette association a été constatée dans les études sur les tumeurs du système nerveux central (SNC) (OR = 1,13, IC 95 % = 1,02-1,27) mais pas sur les neuroblastomes (OR = 1,02, IC 95 % = 0,92-1,14). Par ailleurs, l’exposition maternelle (OR = 1,14, IC à 95 % = 1,05-1,23) mais non paternelle (OR = 1,05, IC à 95 % = 0,98-1,13) aux CM-EBF en milieu professionnel augmentait le risque de tumeurs du système nerveux infantile. Le risque accru de tumeurs infantiles du SNC était significativement associé à l’exposition maternelle (RC = 1,16, IC à 95 % = 1,06-1,26) mais non paternelle (RC = 1,15, IC à 95 % = 0,98-1,34) aux CM-EBF en milieu professionnel.

Conclusions : Ces résultats fournissent des indications limitées d’une association entre l’exposition professionnelle maternelle aux CM-EBF et un risque accru de tumeurs du SNC chez l’enfant, et il convient de les interpréter avec prudence. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer plus avant l’association entre l’exposition professionnelle paternelle aux CM-EBF et le risque de tumeurs du SNC chez les enfants.

ELECTROMAGNETIC FIELD EXPOSURE AND MALE BREAST CANCER RISK: A META-ANALYSIS OF 18 STUDIES.
[Exposition aux champs électromagnétiques et risque de cancer du sein chez l’homme: une méta-analyse de 18 études.]
Sun JW, Li XR, Gao HY, Yin JY, Qin Q, Nie SF, Wei S.
Asian Pac J Cancer Prev. 2013; 14(1): 523-528.

La question de l’exposition aux champs électromagnétiques dans l’augmentation du risque de cancer du sein chez l’homme a été longuement discutée. Toutefois, certains ont argué que des études de faibles qualités auraient pu donner des résultats statistiquement significatifs par chance ou par biais. De plus, les données des 10 dernières années n’ont pas été systématiquement reprises. Pour confirmer une possible association, une recherche systématique a permis de mener une méta-analyse. Sept études cas-témoins et 11 études de cohorte ont été identifiées et les OR poolés avec des intervalles de confiance à 95% ont été utilisés. Les données de ces études ont été extraites à l’aide d’une procédure standard et ont été regroupées selon le design de l’étude, les valeurs-seuil, le mode d’évaluation de l’exposition et le modèle d’exposition. Un risque statistiquement accru de cancer du sein chez l’homme selon l’exposition aux CEM a été défini (ORs poolés = 1.32, IC 95% = 1.14 -1.52, P < 0.001), et les analyses des sous-groupes montrent des résultats similaires. Cette méta-analyse suggère que l’exposition aux CEM pourrait être associée à un risque accru de cancer du sein chez l’homme, malgré les arguments énoncés.

COULD THE GEOMAGNETIC FIELD BE AN EFFECT MODIFIER FOR STUDIES OF POWER-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND CHILDHOOD LEUKAEMIA?
[Le champ géomagnétique pourrait-il jouer un rôle modificateur dans les études sur les champs magnétiques à la fréquence du réseau et la leucémie infantile ?]
Swanson J, Kheifets L.
J Radiol Prot. 2012; 32:413-418.

Les études épidémiologiques ont montré une association entre les champs magnétiques à la fréquence du réseau et la leucémie infantile. Un mécanisme qui permettrait d’établir un lien causal, serait les effets des champs magnétiques sur les réactions biologiques impliquant des radicaux libres. Ce mécanisme prédit des effets dus aux variations des champs magnétiques statiques et alternatifs et donc des conséquences différentes en fonction de la localisation sur terre en raison des variations du champ géomagnétique. Tester directement cette hypothèse est problématique. A la place, les auteurs ont analysé si le champ géomagnétique pourrait jouer un rôle modificateur dans les études sur les champs magnétiques alternatifs. Ils ont obtenu quelques indications, bien que relativement limitées et non statistiquement significatives, de ce rôle et en discutent les implications.

BIOPHYSICAL MECHANISMS: A COMPONENT IN THE WEIGHT OF EVIDENCE FOR HEALTH EFFECTS OF POWER-FREQUENCY ELECTRIC AND MAGNETIC FIELDS.
[Les mécanismes biophysiques: une composante de la plausibilité des effets sur la santé des champs électriques et magnétiques à la fréquence industrielle]
Swanson J., Kheifets L.
Radiat Res. 2006 ; 165 : 470-478.

Des expositions comparativement importantes aux champs électriques et magnétiques à la fréquence industrielle entraînent des effets biologiques connus qui sont expliqués par des mécanismes acceptés et sont à la base de la mise en place des recommandations en matière d’exposition. De plus faibles expositions aux champs magnétiques (moins de 1 microT en moyenne dans les maisons) sont classés comme « cancérogènes possibles » sur base des études épidémiologiques sur la leucémie infantile. Cette classification prend en compte les études en laboratoire en majorité négatives. L’absence de mécanismes biologiques agissant à des niveaux aussi faibles est un argument supplémentaire contre cette causalité.

Nous avons analysé en détail environ 20 mécanismes biologiques qui ont été proposés pour expliquer des effets à des niveaux aussi faibles, en insistant particulièrement sur leur plausibilité, c’est-à-dire en s’appuyant sur le principe selon
lequel pour produire des effets biologiques, un mécanisme doit produire un signal plus important que le « bruit » existant naturellement. Certains de ces mécanismes sont impossibles et certains autres requièrent des conditions très spécifiques pour lesquelles il existe des indications limitées ou pas d’indication de leur existence susceptibles de les rendre pertinents dans l’exposition humaine. D’autres pourraient devenir plausibles au-delà de certains niveaux de champs. Nous concluons que les effets sous 5 microT sont peu vraisemblables. A environ 50 microT, aucun mécanisme spécifique n’a été identifié, mais on ne peut plus affirmer que c’est invraisemblable. Au-delà de 500 microT, il existe des effets établis ou probables à partir de mécanismes acceptés. L’absence de mécanismes biophysiques plausibles à des faibles niveaux de champs ne peut être utilisé comme preuve de l’impossibilité d’avoir des effets des champs électriques et magnétiques environnementaux sur la santé. Néanmoins, il s’agit d’une préoccupation pertinente lors de l’évaluation des indications globales de ces champs.

POWER-FREQUENCY ELECTRIC AND MAGNETIC FIELDS IN THE LIGHT OF DRAPER ET AL. 2005.
[Champs électriques et magnétiques à la fréquence industrielle à la lumière des résultats de Draper et al, 2005].
Swanson J, Vincent T, Kroll M, Draper G.
Ann N Y Acad Sci. 2006;1076 : 318-330.

Les champs électriques et magnétiques à la fréquence du réseau sont présents partout où l’électricité est utilisée ; l’exposition est omniprésente. Des étudesépidémiologiques ont montré une association entre des enfants vivant dans des
maisons avec les champs magnétiques les plus élevés et la leucémie infantile, mais la présence de biais est une alternative possible de l’explication causale. Dans une nouvelle étude, Draper et al. ont analysé des habitations situées à proximité de lignes à haute tension (une source d’exposition à de tels champs). La méthodologie de cette étude évite des biais évidents. Les résultats indiquent une augmentation des taux de leucémie infantile, mais à une distance trop éloignée des lignes à haute tension pour être franchement compatible avec les données de la littérature. Ceci conduit à l’examen d’explications alternatives : les champs magnétiques, d’autres facteurs physiques tels que les ions produits par effet couronne, les caractéristiques des zones par lesquelles passent les lignes à haute tension, les biais et la chance.

La conclusion est qu’à ce jour, aucune explication ne peut être privilégiée, et qu’il s’agit d’un sujet scientifique important qui nécessite des travaux ultérieurs avant qu’une explication ne soit trouvée.

IMPACT OF HIGH ELECTROMAGNETIC FIELD LEVELS ON CHILDHOOD LEUKEMIA INCIDENCE.
[Impact des niveaux de champs électromagnétiques sur l’incidence de leucémie infantile.]
Teepen JC, van Dijck JA.
Int J Cancer. 2012; 131: 769-778.

L’exposition croissante aux champs électromagnétiques (CEM) a soulevé des inquiétudes, comme par exemple le risque accru de leucémie infantile (LI). Cet article présente brièvement LI et CEM et propose une évaluation des indications d’un lien causal entre CEM et LI à partir d’une analyse critique des résultats épidémiologiques et biologiques. L’impact potentiel est également estimé par le risque attribuable. L’étiologie de LI est largement méconnue, mais est probablement multifactorielle. Les CEM seraient une des expositions environnementales possibles. Trois analyses poolées d’études cas-témoins ont montré un risque accru de 1.4 – 1.7 pour des niveaux d’exposition aux CEM d’extrêmement basses fréquences (CEM-EBF) supérieurs à 0.3µT. Plusieurs biais pourraient avoir joué un rôle dans ces études, mais sont peu probablement capables à eux seuls d’expliquer l’augmentation du risque. Il manque des preuves des effets des radiofréquences. Aucun des mécanismes biologiques proposés par lesquels les CEM-EBF pourraient entraîner LI n’a été confirmé. Le risque attribuable estimé pour l’ensemble de la population était de 1.9% ; les estimations les plus élevées proviennent d’Amérique du Nord et du Brésil (respectivement 4.2 et 4.1%).

Conclusion: L’impact potential de l’exposition aux CEM sur la santé publique est probablement limité, bien que l’exposition dans certains pays soit parfois très élevée et donc susceptible d’entraîner un impact plus important. Les auteurs recommandent de mener des enquêtes afin d’obtenir plus d’informations sur les niveaux d’exposition actuels des enfants. Réduire l’exposition liée aux lignes à haute tension est recommandée à proximité des zones à forte densité de population et des écoles. Les futures études épidémiologiques doivent se centrer sur la limitations des biais.

IS MELATONIN THE HORMONAL MISSING LINK BETWEEN MAGNETIC FIELD EFFECTS AND HUMAN DISEASES?
[La mélatonine est-elle le chaînon hormonal manquant entre les effets des champs magnétiques et les maladies humaines?]
Touitou Y., Bogdan A., Lambrozo J., Selmaoui B.
Cancer Causes Control. 2006 ; 17 : 547-552.

La perturbation de la sécrétion de mélatonine a été largement étudiée depuis que ce phénomène a été proposé comme étant le chaînon manquant entre l’exposition aux champs électriques et magnétiques (CEM) 50/60 Hz et la survenue d’effets possibles sur la santé, connu sous le nom de « hypothèse de la mélatonine ». Les auteurs ont analysé les données expérimentales existantes tirées des études réalisées chez l’animal (rongeurs) où des résultats contradictoires ont été observés, et les études humaines menées sur des volontaires ou des travailleurs dans des conditions d’exposition diverses et selon des mesures et des critères biologiques variés. Chez les humains, même lors d’exposition de longue durée, les résultats globaux de ces études ne supportent pas « l’hypothèse de la mélatonine ». Il est peu probable que les cancers ou les désordres de l’humeur rapportés par les personnes exposées aux CEM 50/60 Hz puissent être mis en relation avec la perturbation des niveaux de mélatonine.

OCCUPATIONAL EXPOSURE TO EXTREMELY LOW-FREQUENCY MAGNETIC FIELDS AND NEURODEGENERATIVE DISEASE: A META-ANALYSIS.
[Exposition professionnelle aux champs magnétiques de fréquences extrêmement basses et maladie neuro-dégénératives: une méta-analyse.]
Vergara X, Kheifets L, Greenland S, Oksuzyan S, Cho YS, Mezei G.
J Occup Environ Med. 2013; 55(2): 135-146.

Des études antérieures ont montré des associations entre l’exposition professionnelle aux champs électriques et magnétiques (CEM) et des maladies neurodégénératives (MND). Les résultats diffèrent entre les études qui évaluent l’exposition à partir des titres professionnels et à partir d’une estimation des niveaux de champs magnétiques. Les auteurs ont mené une méta-analyse sur l’association entre l’exposition professionnelle aux CM et les MND, dans un premier temps la maladie d’Alzheimer (MA) et la maladie des neurones moteurs (MNM).

Les auteurs ont identifié 42 articles publiés dans des revues avec peer review et ont centré leur analyse sur les caractéristiques des études, les métriques d’exposition et les biais de publications.

Ils ont trouvé des associations faibles entre des variables représentatives de l’exposition professionnelle aux CM et MA, MNM. Le risque de MNM était associé aux titres professionnels alors que le risque de MA était associé aux estimations des niveaux de CM.

Conclusions: Ces résultats ne supportent pas l’hypothèse des CM dans l’explication des associations observées entre les titres professionnels et les MNM. La mauvaise classification des maladies, particulièrement MA, et une évaluation imprécise de l’exposition affecte la plupart des études.

EXTREMELY LOW FREQUENCY (ELF) ELECTRIC AND MAGNETIC FIELD EXPOSURE LIMITS: RATIONALE FOR BASIC RESTRICTIONS USED IN THE DEVELOPMENT OF AN AUSTRALIAN STANDARD.
[Limites d’exposition des champs électriques et magnétiques de fréquence extrêmement basse: la logique des restrictions de base utilisées dans le développement d’une norme australienne.]
Wood AW .
Bioelectromagnetics. 2008; 29: 414-428.

Il existe de grandes disparités entre les restrictions de base de l’exposition aux champs électrique et magnétique de fréquence extrêmement basse (0-3 kHz) utilisées par deux organismes internationaux. Les deux organismes s’accordent sur le fait que ces restrictions de base doivent prévenir les effets neuro-stimulateurs : les magnétophosphènes au niveau de la rétine à des fréquences supérieures à quelques centaines de Herz et la stimulation nerveuse périphérique (SNP) à de plus hautes fréquences. Les disparités viennent des différences entre les seuils estimés et la dépendance de la fréquence, ainsi que du choix de la densité de courant induit dans les tissus ou du champ électrique pour définir les restrictions. Cet article met en avant que ce dernier paramètre (le champ électrique) est en relation plus directe avec les processus de neurostimulation.

En analysant la littérature existante, un seuil d’apparition des magnétophosphènes est identifié à 56 mV/m (intervalle de confiance à 95% : 2-1330 mV/m), avec une fréquence caractéristique de 20 Hz. De manière similaire, le seuil le plus faible de perception de PNS est identifié à 2 V/m (fréquence caractéristique supérieure à 3 kHz). Dans le premier cas, la large plage d’incertitude suggère une valeur « puissance de 10 » de 100 mV/m. Dans le second cas, en raison de la marge faible entre sensation et seuil de douleur, et parce qu’il existe de grandes variations inter-individuelles, le plus petit seuil de perception estimé (2mV/m) représente une restriction de base avec précaution incluse.

MAGNETIC FIELDS EXPOSURE AND CHILDHOOD LEUKEMIA RISK: A META-ANALYSIS BASED ON 11,699 CASES AND 13,194 CONTROLS.
[Exposition aux champs magnétiques et risque de leucémie infantile: une méta-analyse basée sur 11 699 cas et 13 194 contrôles]
Zhao L, Liu X, Wang C, Yan K, Lin X, Li S, Bao H, Liu X.
Leuk Res. 2014; 38(3):269-274.

L’objectif de cette étude était d’observer l’association entre la leucémie infantile et l’exposition aux champs magnétiques. La recherche des références scientifiques a été menée dans les bases de données PubMed, ProQuest, Web of Science (SCI) et Medline (1997-2013). L’hétérogénéité de plusieurs études a été pondérée par la valeur I². Les biais de sélection ont été testés par graphique en entonnoir et test d’Egger. Les odds ration (OR) et intervalles de confiance à 95% ont été utilisés pour évaluer la force de l’association. Les analyses statistiques de cette étude ont été réalisées à l’aide du logiciel STATA (version 12.0, College Station, TX).

Un total de 11 699 cas et 13 194 témoins de 9 études ont été classés selon différents seuils d’exposition. La comparaison entre un groupe exposé à des intensités de champ magnétique <0,1 µT et un groupe exposé à ≥ 0,4 µT montre une association statistique avec la leucémie infantile (pour la leucémie total: OR = 1,57, IC 95% 1,03 – 2,40; pour la leucémie lymphocytaire aiguë: OR = 2.43, 95 % CI = 1,30 – 4,55). Si la comparaison est faite entre un groupe exposé à <0,2 µT et un groupe exposé à ≥ 0,2 µT, les résultats sont OR = 1,31, IC 95% 1,06 – 1,61.

Conclusions: le résultat de cette méta-analyse a montré que le niveau d’exposition aux champs magnétiques pouvait être associé à la leucémie infantile.

ASSOCIATION BETWEEN EXTREMELY LOW-FREQUENCY ELECTROMAGNETIC FIELDS OCCUPATIONS AND AMYOTROPHIC LATERAL SCLEROSIS: A META-ANALYSIS.
[Association entre les champs électromagnétiques de fréquences extrêmement basses (CEM-EBF) en milieux professionnels et la sclérose amyotrophique latérale : une méta-analyse.]
Zhou H, Chen G, Chen C, Yu Y, Xu Z.
PLoS One. 2012;7(11):e48354.

Une recherche dans les bases de données PubMed (et une recherche manuelle) jusqu’au mois d’avril 2012 à l’aide des mots-clefs « exposition professionnelle », « champs électromagnétiques » et « sclérose amyotrophique latérale (SAL) » ou « maladie des neurones moteurs » a permis aux auteurs d’identifier 17 études à inclure dans la méta-analyse. L’association entre l’exposition aux CEM-EBF et le risque de SAL a été estimée en tenant compte de la méthodologie des études (cas-témoins ou étude de cohorte) et de l’évaluation des niveaux d’exposition aux CEM-EBF (sur base du titre professionnel ou de la matrice d’exposition professionnelle).

L’exposition professionnelle aux CEM-EBF est significativement associée à un risque accru de SAL dans les études poolées (RR=1.29, IC 95%=1.02-1.62) et cas-témoins (OR=1.39, IC 95%=1.05-1.84), mais pas dans les études de cohorte. Dans les sous-analyses, des associations significatives similaires ont été obtenues quand le niveau d’exposition était défini par le titre professionnel mais pas par la matrice d’exposition professionnelle. De plus, des associations significatives entre l’exposition professionnelle aux CEM-EBF et un risque accru de SAL ont été montrées dans les études où les sujets avaient été cliniquement diagnostiqués, mais pas dans les études basées sur les certificats de décès. Une hétérogénéité modérée a été observée dans toutes les analyses.

Conclusions: Ces données suggèrent un risque faible mais significativement accru de SAL chez les personnes dont les titres professionnels sont associés à des expositions aux CEM-EBF relativement élevées. Comme l’amplitude des RR estimés était relativement faible, nous ne pouvons nier l’existence de biais potentiels. Les chocs électriques ou autres variables non identifiées associées aux professions « électriques », plutôt que l’exposition aux champs magnétiques, pourraient être responsables des associations observées avec SAL.

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